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L’heure des vacances approche pour beaucoup. Avant de s'accorder quelques jours de pause bien mérités, donnons la parole à Johan, civiliste à Point d'Appui, qui n'a pas modéré son investissement au sein de cette structure œcuménique.
L’Eglise catholique dans le canton de Vaud (ECVD) compte actuellement deux civilistes, l’un au sein de la Pastorale d’Animation Jeunesse (PASAJ), l’autre à Point d’Appui, lieu d’accueil universel destiné aux personnes migrantes. Ces jeunes qui choisissent d’effectuer leur service civil en Eglise accomplissent un travail précieux, tant pour les bénéficiaires que pour les équipes qu’ils soutiennent au quotidien. Rencontre avec Johan, 19 ans, originaire d’Etagnières dans le Gros-de-Vaud. Après avoir achevé son gymnase en option maths-physique, il a choisi d’effectuer une année de service civil à Point d’Appui.
Point d’Appui existe depuis 2003. C’est une structure œcuménique lausannoise qui propose aux personnes migrantes un large éventail de prestations : accueil, écoute, soutien administratif, cours de français, point internet ou encore distribution alimentaire. Ce travail est mené en partenariat avec l’Église évangélique réformée du canton de Vaud (EERV). Depuis 2014, des civilistes renforcent l’action des cinq collaborateurs salariés : deux médiatrices, une responsable de l’accueil socio-communautaire, un aumônier et un collaborateur en pastorale pour un total de 2,6 équivalents temps plein (ETP) ainsi que celle des nombreux bénévoles engagés dans la structure.
Johan a débuté son service civil en août 2025 et le terminera en juillet 2026. Employé à plein temps, il assume des tâches très variées : secrétariat, aide à la recherche d’emploi, rédaction de CV et de lettres de motivation, prise de rendez-vous, gestion du courrier, soutien administratif, comptabilité ou encore participation à la distribution alimentaire. À son arrivée, il a été particulièrement impressionné par l’étendue des prestations offertes : « Quand j’ai commencé à travailler ici, j’ai été impressionné par la quantité d’activités de soutien proposées. Tout est gratuit et de grande qualité. De plus, 90 % des personnes qui s’investissent ici sont bénévoles. J’admire leur engagement auprès des autres et le temps qu’elles consacrent à cette mission. »
Johan souligne en effet l’importance du réseau de bénévoles qui fait vivre la structure. Point d’Appui compte notamment sept enseignants de français, cinq écrivains publics, cinq personnes chargées de l’écoute, deux animateurs du Point Internet ainsi qu’une vingtaine de bénévoles au secrétariat et à l’accueil. À cela s’ajoute la dizaine de personnes qui participent chaque mercredi après-midi à la distribution alimentaire organisée à la paroisse réformée de Saint-Jacques (av. du Léman 26, à Lausanne). Le jeune homme évoque également certains défis rencontrés durant son année de service : « Il y a parfois beaucoup de demandes et il est difficile de ne pas pouvoir répondre à tout le monde lorsque de nombreuses personnes se présentent spontanément. Au début, je peinais à trouver le temps d’effectuer toutes mes tâches. Je n’imaginais pas qu’il y avait autant à faire dans un service civil ! Mais en même temps, je ne m’ennuie jamais. Les journées passent très vite, et c’est quelque chose que j’apprécie. »
Les besoins sont effectivement importants. En mai 2026, malgré deux week-ends prolongés liés à l’Ascension et à la Pentecôte, Point d’Appui a enregistré 694 passages, comprenez des bénéficiaires venus demander du soutien à la structure. Johan confirme cette tendance et souligne qu’environ un tiers de bénéficiaires supplémentaires ont pu être accompagnés par rapport à l’année précédente : « Il y a davantage de demandes, mais cela va de pair avec l’augmentation du nombre de bénévoles. Si nous pouvons aider davantage de personnes aujourd’hui, c’est aussi parce que nous avons les ressources pour le faire. »
Une question demeure alors : que retient-il de cette expérience ? « Beaucoup ! J’ai acquis une meilleure connaissance des structures administratives suisses, comme l’ORP ou les dispositifs liés au logement et à la migration. C’est aussi un travail dans lequel je me sens utile, ce qui est très gratifiant. Avant de venir ici, je pensais m’inscrire à l’EPFL dans une filière technique. Finalement, j’ai choisi d’étudier les sciences sociales à l’UNIL, une voie que je n’aurais probablement pas envisagée sans cette année à Point d’Appui. » Il souligne également la richesse humaine des rencontres : « C’est une chance de travailler avec des personnes extrêmement qualifiées. Parmi les bénévoles, certains sont juristes, enseignants ou spécialistes dans leur domaine. Pouvoir collaborer avec des profils aussi variés est très enrichissant. »
Et Johan garde aussi en mémoire de belles histoires : « Je pense notamment à cet homme qui était venu faire relire son CV, pourtant déjà excellent. Il peinait à trouver un emploi. Pendant que nous travaillions ensemble sur son dossier, il a reçu l’appel d’un employeur qui lui annonçait son engagement. Je n’y étais pour rien, mais voir sa joie à cet instant a été un très beau moment. »
Un immense merci à Johan pour ce témoignage. Rappelons que le service civil suisse fait partie du système d’obligation de servir et constitue une alternative au service militaire. D’une durée minimale de six mois, il est 1,5 fois plus long que ce dernier et intervient principalement dans des domaines d’intérêt public tels que le social, la santé, l’environnement ou certaines situations d’urgence. Les civilistes reçoivent une solde tout comme les jeunes qui font l’armée, et sont défrayés pour leurs déplacements et repas. Le 14 juin dernier, la loi fédérale sur le service civil a été modifiée afin d’en durcir l’accès et de maintenir son caractère exceptionnel par rapport au service militaire. Instrument de la politique de sécurité de la Suisse, le service civil est un soutien précieux pour de nombreuses institutions, administrations, services publics et Eglises.
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