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La Pentecôte commémore la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, qui se mettent à parler différentes langues pour annoncer l’évangile à tous les peuples. Une belle occasion d’évoquer, de manière symbolique, les défis liés à l’apprentissage du français pour des élèves allophones issus d’horizons variés.
Pour ce faire, nous rencontrons Agathe, enseignante de français au secondaire I dans un établissement vaudois depuis près de dix ans. Parmi ses classes ordinaires, elle accompagne des classes dites « d’accueil », composées d’élèves allophones. En 2026, sept de ses périodes hebdomadaires sont consacrées à des jeunes de 12 à 15 ans, originaires notamment d’Ukraine, du Chili, du Cap-Vert, d’Equateur, de Malaisie ou encore d’Afghanistan. Elle nous parle de son travail.
Comment se déroule l’intégration des élèves étrangers dans le canton de Vaud ?
Agathe : En Suisse, la loi garantit l’accès à la scolarité pour chaque enfant, indépendamment de sa situation (migrant, sans-papiers, etc.). Cependant, les modalités d’intégration varient selon les établissements. Trois modèles coexistent : une intégration en classe d’accueil uniquement, une intégration complète en classe ordinaire avec des cours de français intensif remplaçant certaines de leurs heures de cours, ou une formule hybride. Dans l’établissement où j’enseigne, c’est le modèle hybride qui est actuellement en vigueur. Les élèves passent la majeure partie de la semaine en classe d’accueil (avec principalement des cours de français et de mathématiques, mais aussi quelques périodes de musique et d’activités créatrices), tout en participant à certains cours en classe ordinaire (gym, cuisine, dessin, etc.) afin de favoriser les échanges avec leurs camarades francophones. Leur présence en classe ordinaire augmente progressivement, en fonction de leur maîtrise du français.
Quels défis rencontrent ces élèves dans l’apprentissage du français ?
Les difficultés varient fortement selon la langue et l’alphabet d’origine. Les élèves issus de langues latines progressent généralement plus vite que ceux dont la langue maternelle utilise un autre système d’écriture, comme le farsi ou le cantonais. Certains sons étant absents de leur langue, la prononciation peut représenter un véritable obstacle à l’apprentissage.
Le parcours de vie joue également un rôle déterminant. Chaque élève arrive avec son histoire propre. Certains ont fui des zones de guerre, parfois avec un parcours scolaire interrompu ou inexistant, tandis que d’autres disposent déjà de bases solaires. Les motivations à apprendre le français diffèrent également selon les situations. Par exemple, certains jeunes Ukrainiens, arrivés au début du conflit, avaient de la peine à s’investir, pensant rentrer rapidement chez eux. Pour quelques-uns, apprendre une nouvelle langue pouvait même être ressenti comme une forme de trahison, d’où un blocage. Le temps nécessaire à l’apprentissage du français dépend donc du vécu et de l’état émotionnel et l’enseignant doit faire au mieux pour accompagner chaque élève.
Quels sont les aspects positifs de ce travail ?
Mon travail est d’une grande richesse. La diversité culturelle des élèves est une source d’échanges et de découvertes. Beaucoup apprécient d’ailleurs partager leur langue et leur culture, par exemple en traduisant ensemble une même phrase dans les différentes langues parlées dans la classe. Mon métier comporte néanmoins des défis. Les élèves, présents par obligation, peuvent se montrer rudes avec les enseignants, et certaines différences culturelles demandent une réelle capacité d’adaptation. Par exemple, il arrive que le système scolaire suisse soit perçu comme trop souple par certains, notamment des élèves ukrainiens, qui le comparent à un cadre plus strict dans leur pays d’origine. Il s’agit donc de pouvoir expliquer comment fonctionne notre système et quels en sont les codes. Aussi, l’incertitude liée aux situations migratoires rend le quotidien parfois instable car des arrivées ou des départs peuvent survenir à tout moment, en fonction des décisions administratives. Cela n’est pas facile à gérer au quotidien. Néanmoins, j’aime mon travail qui est riche et stimulant !
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