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Vous serez certainement nombreux et nombreuses à vous rendre dans un cimetière ce lundi 2 novembre pour la Commémoration des fidèles défunts pour vous recueillir, fleurir une tombe ou prier pour vos proches disparus. Cependant, les cimetières ne se contentent pas d’être des lieux où reposent nos défunts. Ils sont aussi des espaces de calme et de recueillement, particulièrement bienvenus en zone urbaine, voire des lieux de préservation de la biodiversité.
À cette occasion, penchons-nous sur les cimetières lausannois. En effet, la commune de Lausanne en compte quatre : ceux du Bois-de-Vaux et de Montoie, situés dans la ville, ainsi que deux cimetières dits « forains », en dehors de l’agglomération lausannoise, à Montheron et Vers-chez-les-Blanc. Tous sont ouverts au public et font partie du patrimoine naturel et historique de Lausanne. Petit focus sur leur entretien.
Un cimetière demande bien entendu beaucoup d’entretien. Celui des cimetières lausannois est réalisé selon les principes de l’entretien différencié, c’est-à-dire que des soins adaptés sont apportés à chaque site en fonction de son usage, de sa fréquentation et de ses caractéristiques écologiques.
La mise en place de l’abandon de produits phytosanitaires de synthèse a commencé en 2009 pour privilégier des solutions alternatives lorsque cela est nécessaire, notamment des préparations biologiques ou naturelles, comme l’extrait fermenté d’orties. Lorsqu’une section est désaffectée, elle est laissée pendant environ deux ans en prairie, ce qui favorise la biodiversité et limite les interventions durant cette période.
Les vingt bassins ornementaux et les soixante-quatre bassins d’eau destinés à l’arrosage sont également entretenus sans recours à des traitements chimiques. L’abandon progressif des plantations annuelles au profit des vivaces, c’est-à-dire des plantes qui vivent plusieurs années et qui repoussent naturellement chaque printemps, a également été mis en place. Celles-ci nécessitent moins de renouvellement et permettent de réduire les besoins en eau.
Le cimetière du Bois-de-Vaux est bien connu des lausannoises et lausannois. C’est sans doute l’un des plus beaux cimetières de Suisse notamment grâce à son architecture néoclassique unique. Conçu à la fois comme un lieu de recueillement et comme un parc public par l’architecte Alphonse Laverrière, qui y repose par ailleurs, sa construction s’est étalée entre 1922 et 1951, avec une inauguration en 1924. De nombreuses personnalités y reposent, comme le rénovateur des Jeux olympiques Pierre de Coubertin, l’architecte Eugène Viollet-le-Duc ou encore la couturière Coco Chanel, pour n’en citer que quelques-unes.
Anecdote intéressante : ce cimetière, inscrit comme bien culturel suisse d’importance nationale dans l’inventaire de la protection des biens culturels, comprend… Quarante kilomètres de haies réparties sur dix-huit hectares ! De quoi faire une jolie balade au vert dans ce jardin historique d’exception, seul site en Suisse à figurer sur la liste des jardins historiques de l’ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites), organisation liée à l’UNESCO. De plus, depuis 2010, la Ville de Lausanne applique une gestion écologique complète et sans produits chimiques à l’ensemble du site.
En 2025, Robin Monod, directeur des Pompes Funèbres Générales de Lausanne, expliquait dans un entretien accordé à l’Eglise catholique dans le canton de Vaud portant sur l’accompagnement des familles endeuillées : « Aujourd’hui, dans le canton de Vaud, près de 90 % des personnes optent pour la crémation plutôt que pour l’inhumation. Parmi ces 90 %, environ 50% choisit de déposer les cendres dans un jardin du souvenir, 10 % dans une tombe cinéraire existante, 10 % dans une nouvelle tombe cinéraire, tandis que 30 % préfèrent une dispersion en pleine nature. Ces chiffres témoignent d’une tendance marquée vers la dématérialisation du corps et d’un changement profond dans notre rapport à la mort. » La sépulture évolue donc au fil du temps mais le besoin de faire mémoire demeure. Les cimetières ont donc encore toute leur place dans le paysage social et urbain de nos villes et villages.
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