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Si vous vous promenez en montagne, il y a de fortes chances que vous croisiez des croix au cours de vos randonnées. Celles-ci portent le nom de « croix sommitales » (pour « sommet ») ou de « croix alpines » car situées au sommet d’une montagne (facile, n’est-ce pas ?). Mais d’où vient cette tradition ?
Le fait de marquer le paysage comme les montagnes, les chemins ou reliefs, par des symboles, religieux ou non, est une pratique ancienne et répandue partout dans le monde, voire au-delà : pensons par exemple à Neil Armstrong et Buzz Aldrin plantant le drapeau américain sur la Lune en 1969. Toute personne se promenant dans la nature aura donc déjà remarqué la présence de croix, de cairns (ces amas artificiels de pierres empilées), de chemins de croix ou de tout autre type de repère.
Pour autant, ces symboles ne sont pas forcément religieux. Ils peuvent également servir de marqueurs géographiques, délimiter des frontières, remplir certaines fonctions pratiques comme la protection contre la foudre ou encore revêtir une dimension commémorative comme c’est le cas pour les fleurs déposées sur le lieu d’un accident.
Mais creusons un peu la tradition des croix sommitales. Il est difficile de dater avec précision l’origine de cette pratique. Des croix sont érigées sur des hauteurs dès les premiers siècles du christianisme mais leur présence dans les régions alpines se développe plus spécifiquement durant Moyen Âge, dans un contexte de christianisation. Moines et prêtres parcourent alors ces territoires et contribuent à donner une signification chrétienne à des lieux parfois associés à des croyances plus anciennes, notamment liées à la nature et à la montagne. Des croix servent également de repères religieux et de balises sur certains itinéraires empruntés par les pèlerins, le cheminement physique faisant alors écho au cheminement spirituel.
Si ces croix sont d’abord principalement associées à la prière et à la foi chrétienne, leur signification évolue notamment à partir du XIXe siècle avec le développement de l’alpinisme. La croix peut alors aussi devenir un signe marquant l’ascension ou la conquête d’un sommet. Des équipements à vocation pratique ou scientifique, comme les paratonnerres et autres instruments de mesure, s'y ajoutent parfois. Leur nombre s’accroît au XXe siècle.
Mais qu’en est-il dans le canton de Vaud ? Ce dernier ne dispose pas de données précises quant au nombre de croix sommitales présentes sur son territoire mais près de septante sont cependant répertoriées sur les sommets fribourgeois. Qu’elles soient considérées sous un angle religieux, historique ou culturel, plusieurs de ces croix sont à découvrir dans le canton de Vaud et sont l’occasion d’une jolie balade.
On peut par exemple citer la croix de Châtel dans le Jura vaudois (photo de l'article) ou celle des Aiguilles de Baulmes toute proche de la frontière française. La première se trouve non loin de la Buvette de Châtel, à 1’404 mètres d’altitude, qui propose une cuisine simple et généreuse préparée avec des produits du terroir (Buvette de Châtel, 1148 L’Isle). En plus des touristes de passage, Laurane et Quentin, les gérants de l’établissement, précisent : « Nos clients sont pour beaucoup des habitués qui, une fois le repas fini, montent à la croix pour faire une balade digestive. Ou viennent pour le dessert ensuite. D'autres profitent du frais pour faire l'apéro à la croix et ensuite manger chez nous, surtout le soir. » La seconde est située à proximité du Chalet-Restaurant du Mont de Baulmes, réputé notamment pour ses beignets au gruyère (Le Mont de Baulmes 302, 1450 Sainte-Croix) : « Plusieurs personnes viennent au restaurant et font en amont ou en aval de leur visite la randonnée jusqu’à la croix des aiguilles de Baulmes. » nous a confié Mikaël Magnin, l’un des tenanciers de ce chalet d’alpage. De quoi profiter d’une halte gourmande avant ou après une balade !
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