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La messe a commencé par une procession d’entrée colorée avec les drapeaux des communautés disposés ensuite de part et d’autre de l’autel. Elle était célébrée par l’abbé Jean Glasson, curé modérateur de l’UP Grand-Vevey, et concélébrée par les abbés Cyrille de Mandach et Alexandru Tudor et le Père Arturo Parolo, chapelain de la Mission catholique italienne de Vevey. A leurs, côtés, Frère Marcel Durrer, capucin de Saint-Maurice et enfant de la paroisse. Et dans l’assemblée, des représentants des autorités communales et des autres Eglises de Vevey.
Dans son homélie, l’abbé Glasson a commencé par évoquer les saints franciscains représentés dans l’église Notre-Dame: Claire, Elisabeth de Hongrie, reine, laïque membre du tiers-ordre, Colette de Corbie, Antoine de Padoue (originaire de Lisbonne) et Françoise Romaine, membre du tiers-ordre. Tous, a-t-il relevé, étaient fils de saint François d’Assise, le Poverello, dont l’UP fêtait en ce jour les 800 ans de la mort, le 3 octobre 1226. Et héritiers de «milliers d’hommes et de femmes qui ont choisi de tout quitter pour suivre son exemple de pauvreté»: les frères mineurs ou franciscains, les sœurs clarisses qui ont rejoint sainte Claire, première disciple de François.
La présence franciscaine à Notre-Dame «est due au fait que sainte Colette est venue établir un monastère vers 1425 ici à Vevey. C’est l’actuel centre paroissial Sainte-Claire de la paroisse protestante», a poursuivi le prédicateur. A la Réforme, le couvent a été fermé et les clarisses dispersées. Elles ne sont revenues qu’en 1976, ouvrant un monastère à la Grant-Part à Chardonne/Jongny. Aujourd’hui, «après des années de rayonnement, il a cédé la place à la Grande Tablée, une communauté œcuménique qui a repris le flambeau en janvier 2024», promouvant un style de vie solidaire, écologique et durable.
Non sans offrir à la paroisse par l’entremise de l’abbesse, Soeur Marie-Gabrielle, un flambeau daté du 18e siècle avec une partie plus ancienne. «Il appartient à un ensemble de quatre flambeaux qui entouraient le Saint-Sacrement au monastère des clarisses de Genève réfugiées à Annecy, a précisé le curé. Restauré par le Conseil de paroisse, il sera installé près de l’autel de sainte Colette avec une plaque rappelant le monastère de la Grant-Part et sa donation.»
C’est «un encouragement lancé à notre communauté à s’inspirer toujours davantage de la spiritualité de saint François d’Assise». Déjà bien présente par Frère Marcel Durrer et le Père Arturo. Et désormais par une nouvelle fraternité franciscaine, officiellement accueillie au cours de la messe.
Une fraternité qui, a souhaité l’abbé Glasson, «rayonnera au sein de nos communautés la spiritualité du Poverello. Cette spiritualité s’inscrit pleinement dans les lectures de ce dimanche: faire la volonté de Dieu, suivre le Christ en ayant les mêmes dispositions de pauvreté de cœur et d’humilité que lui» pour expérimenter «la joie parfaite» qui «jaillit d’un cœur rempli de l’amour de Dieu et du prochain». «Que cette spiritualité nous transforme toutes et tous pour que nos paroisses et nos communautés deviennent toujours davantage la famille de Jésus-Christ dans laquelle chacun est accueilli comme un frère, comme une sœur, et grâce à laquelle le parfum de l’Evangile se diffuse dans toute notre belle région.»
Les membres de la fraternité se sont avancés devant l’autel et Brigitte Gobbé, qui en fait partie, l’a présentée. Animés, comme saint François, « du désir brûlant d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et de se convertir à l’Evangile en vivant avec des frères en Eglise», ses membres se nourrissent de «la contemplation assidue du mystère trinitaire qu’est la fraternité divine» qui révèle un Dieu don, relation et pauvreté.
«Ensemble, en fraternité, nous essayons d’accueillir, de cueillir et de recueillir ce don» et de le féconder dans la joie. Ainsi, «le Seigneur nous a donné des frères et des sœurs. Nous ne les choisissons pas et ne sommes pas des copains. Ils nous sont donnés comme des cadeaux» sur lesquels porter une regard de bonté. «La fraternité est le lieu où nous apprenons à aimer comme Jésus-Christ.»
A l’image d’un Dieu qui est relation, «nous tentons d’être des serviteurs qui nous tenons en tenue de service jour après jour dans l’humilité et la simplicité», a relevé Brigitte Gobbé. Et à la suite de saint François, désireux de vivre en conformité avec Jésus pauvre et crucifié, «nous sommes amenés dans notre fraternité à nous exhorter, nous encourager à être présents où le monde se décompose» et à «embrasser la pauvreté du Christ en nous dessaisissant de nous-même». Enfin, à vivre une fraternité cosmique qui s’étend «à toutes les créatures qui ont le même Dieu Père», dont témoigne le cantique des créatures.
Brigitte Gobé a terminé par un appel: «Notre fraternité est oecuménique et ouverte à chacun quel que soit son chemin. Rassurez-vous, nous ne sommes pas des saints!». Le célébrant a ensuite béni les membres de la fraternité.
A l’issue de la messe, chacun a pu goûter à des spécialités italiennes, espagnoles, portugaises, vietnamiennes et suisses proposées sous des tentes installées dans la cour de l’église. Trois stands présentaient la fraternité franciscaine, la Société de Saint-Vincent-de-Paul, présente à Vevey depuis 140 ans, et un nouveau projet de l’Equipe pastorale, «Quand la table devient partage».
Le concept est simple: «Un repas, une rencontre, une surprise». Il s’agit de faire de la paroisse une famille où les gens se connaissent et vivent une vraie fraternité. Pour cela, les paroissiens sont invités à se réunir pour partager un repas simple à la maison avec des paroissiens qu’ils ne connaissent pas ou connaissent peu, chacun choisissant de recevoir ou d’être reçu. Chaque tablée est définie par l’UP et s’organise pour fixer la date du repas.
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