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«Du mystère des messages scientifiques avancés dans les Ecritures»: tel était le titre de la conférence donnée mercredi 18 mars à la paroisse de Renens par Giorgio Margaritondo, professeur honoraire de physique appliquée, ancien vice-président de l’EPFL et président du Conseil de paroisse. L’occasion de découvrir que la Bible recèle de surprenantes intuitions scientifiques et que science et foi ne s’opposent pas.
Selon Giorgio Margaritondo, foi et science, loin de s’exclure, présentent des convergences étonnantes. Pour le prouver il s’est attaché, dans un premier temps, aux messages scientifiques contenus dans les Ecritures, «difficiles à justifier pour des textes apparus dans une société primitive», mais qui rejoignent les intuitions des chercheurs.
Si la science ne pourra jamais prouver l’existence de Dieu, certaines de ses théories sont contenues en germe dans les Ecritures, a-t-il expliqué. Le livre de la Genèse, par exemple, est «un très beau texte poétique», mais il est bien plus: il contient, selon le conférencier, des messages mystérieux en phase avec les découvertes scientifiques récentes.
Big Bang et Genèse: des correspondances
Car, pour le conférencier, il y a «des similitudes entre la Genèse et la théorie du Big Bang». Celle-ci, formulée en 1931 par le chanoine Georges Lemaître, professeur de physique à l’Université catholique de Louvain, va à l’encontre des conclusions initialement tirées par Albert Einstein de la relativité générale, énoncée en 1917. Loin d’être statique – comme le croyaient les scientifiques avant Lemaître –, l’univers a un début: «Il y a 13,7 milliards d’années, à partir d’un volume minime doté d’une énorme densité d’énergie, une explosion lance son expansion, qui se poursuit aujourd’hui».
Et la Genèse présente la création du monde comme un processus complexe qui compte plusieurs étapes: l’univers est d’abord «informe et vide» – «une bonne description de la situation au temps du Big Bang» –, puis apparaît la lumière; et Dieu sépare la lumière des ténèbres: «Peut-être y a-t-il là une allusion à la matière et à l’énergie ‘noires’ découvertes en 1933 et 1998?», s’est interrogé le conférencier. Dans la Genèse, «la mer est présentée comme le berceau de la vie, fait inconnu dans une culture primitive, la plupart des gens de cette époque n’ayant jamais vu la mer»; les êtres humains arrivent après les grands animaux, ce qui correspond aux connaissances scientifiques actuelles.
Dans d’autres livres de la Bible sont suggérés des messages scientifiques. Dans le livre de Zacharie, on lit: «Ainsi parle l’Eternel, qui a étendu les cieux». Giorgio Margaritondo s’est demandé s’il n’y avait pas là une allusion à l’expansion de l’univers démontrée par la théorie du Big Bang. Dans le livre de Job, on trouve une description correcte du cycle de l’eau.
Ces «mystérieux messages scientifiques» concernent aussi la sociologie et l’économie, selon le conférencier. Les Béatitudes, par exemple, «idées révolutionnaires» à l’époque de Jésus, contenaient une sagesse révélée bien plus tard. En matière d’économie, le verset suivant de l’évangile de Matthieu: «Donne à celui qui t’adresse une demande et ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter» décrit «une stratégie libérale de prêt à tous et non aux seuls spéculateurs qui pourrait être bénéfique pour l’économie, éliminant les bulles spéculatives».
Le progrès est positif
Dans un deuxième temps, Giorgio Margaritondo a examiné les rapports entre science et foi, démentant «l’impression, fréquente mais fausse», que les progrès de la science sont sources de conflits avec la religion: «Au contraire, ils ont éliminé plusieurs conflits, notamment grâce aux découvertes sur les limites de la connaissance scientifique!». Il s’est d’abord attaché à la notion de miracle pour affirmer que dans plusieurs cas il pourrait s’agir d’un «événement très peu probable mais pas impossible, pas irrationnel», citant à ce propos saint Augustin: «Les miracles ne sont pas en contradiction avec les lois de la nature, mais avec ce que nous savons de ces lois». Et puis, la science ne peut pas prévoir ou justifier un événement avec une certitude absolue, mais s’attache à des probabilités: c’est la règle de Born et le principe d’incertitude, formulé par Werner Heisenberg en 1927. Ainsi, le fait que la religion peut croire à des faits sans évidence scientifique ne crée pas un conflit.
Une logique mathématique absolue n’existe pas, a poursuivi le conférencier, rappelant à ce propos les théorèmes d’incomplétude découverts par Kurt Gödel en 1931: «Accepter et utiliser ses principes exige un acte de foi». Quant à la prédestination, elle n’a pas de réalité parce que dépourvue de bases philosophiques – le futur, comme le passé et le présent, sont des catégories, des instruments qui nous permettent de fonctionner… mais que nous ne pouvons pas attribuer à Dieu, causant ainsi une prédestination nous dispensant d’être responsables de nos actes. Giorgio Margaritondo a regretté que «ces faits, très positifs pour la foi, ne soient pas assez connus et enseignés dans l’Eglise».
La main de Dieu
En conclusion, il a invité chacun à se représenter le cerveau humain: «86 milliards de cellules connectées par cent mille milliards de câbles, un système ultracomplexe qui fonctionne avec une coordination phénoménale et pas du tout comme un ordinateur», un «miracle» mis récemment en évidence par la science «qui me semble évoquer la main de Dieu».
La conférence de Giorgio Margaritondo s’inscrivait dans un cycle de trois conférences organisées par les Eglises catholique et réformée de Crissier et Renens sur le thème «Foi, société, science et technologie…». La dernière, qui portera sur «Cyber-Church. Quand l’IA s’invite dans l’Eglise», aura lieu à 20h au centre paroissial réformé de Bussigny. Elle sera donnée par le pasteur Elio Jaillet, docteur en théologie.
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