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Que serait Pâques sans ses carillons festifs ? Ces ensembles de cloches accordées, traditionnellement entendus lors de fêtes et de célébrations, sont bien plus que de simples instruments sonores. Derrière leur chant se cache un savoir-faire ancien, porté aujourd’hui encore par des artisants passionnés. C’est pour en apprendre davantage sur l’art campanaire (du latin campana, « cloche ») que nous avons rencontré Jean-Paul Schorderet, campaniste depuis plus de quarante ans et directeur de Mecatal. Fondée en 1995, cette entreprise basée à Broc emploie six personnes et est la seule de la région à être spécialisée dans l’entretien, la restauration, la rénovation et la maintenance de sonneries de cloches et d’horlogerie d’édifice. Elle prend également en charge la conception de systèmes neufs. Aujourd’hui, elle assure l’entretien annuel de 250 clochers, presque exclusivement d’églises.
C’est dans le clocher de l’église de Broc, construite en 1877 et dédiée à Saint Othmar, que Jean-Paul Schorderet nous a donné rendez-vous un mercredi de février. L’édifice a récemment bénéficié d’une restauration complète de ses cinq cloches, de son horlogerie monumentale ainsi que de l’ensemble de sa structure. La cloche principale de son carillon, la « Saint Othmar », pèse environ 1,7 tonne. Elle a été suspendue dans une nouvelle charpente grâce à des ferrures et un joug refaits à neuf : « Les églises et leurs clochers font partie intégrante du patrimoine. Ils abritent de véritables trésors communaux qu’il faut préserver », souligne Jean-Paul Schorderet.
Un métier à la croisée des savoir-faire
L’art campanaire repose sur trois dimensions. La première est musicale, confiée aux fondeurs de cloches qui veillent à la justesse du son. La deuxième est historique, car chaque cloche est ancrée dans un contexte culturel et patrimonial qui lui est propre. La troisième est technique, et c’est là que Jean-Paul Schorderet intervient. Électricien, électronicien, menuisier, ferronnier, peintre à la feuille d’or ou encore soudeur : autant de compétences mobilisées dans un métier exigeant, à la croisée de nombreuses disciplines. En effet, les campanistes doivent effectuer de nombreuses tâches et sont notamment chargés d’installer des moteurs, de raccorder les différents mécanismes, d’automatiser les clochers ou encore de restaurer certaines pièces anciennes. L’entreprise collabore régulièrement avec les services cantonaux de préservation du patrimoine, en lien avec les principes de la charte de Venise (1964) et la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO (1972). Mecatal a notamment mis au point une technique innovante permettant de réparer d’anciennes cloches par soudure, sans devoir les refondre. Un savoir-faire unique, développé grâce au soutien de la commune de Daillens.
Préserver les cloches, témoins du temps
Selon Jean-Paul Schorderet, la sensibilité pour la préservation du patrimoine culturel et historique s’est accrue au fil du temps : « Quand j’ai lancé l’entreprise en 1995, peu de gens s’intéressaient à la conservation des cloches ou du mobilier d’église en général. Aujourd’hui, il y a une réelle prise de conscience de l’importance de ce patrimoine transmis par nos ancêtres. » Ce souci de préservation prend tout son sens dans une époque marquée par l’obsolescence programmée de nos objets quotidiens. À l’inverse, les cloches traversent les siècles : « La plus ancienne cloche datée du canton de Vaud se trouve dans la tour de l’horloge de Romainmôtier et remonte à l’année 1396. Mais la doyenne, que j’estime à environ 1250, se trouve dans le clocher du village de Denezy, dans le Gros-de-Vaud. C’est sympathique de pouvoir toucher un objet du XIIIe siècle. »
À l’heure où nos objets du quotidien deviennent vite dépassés, les cloches continuent de tinter, fidèles à leur mission. Un symbole de durabilité et de mémoire, que Jean-Paul Schorderet et son équipe s’emploient à entretenir, jour après jour, au service d’un patrimoine commun.
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