Nous admirons ces saints aux multiples couleurs : ils étaient comme nous (mariés, célibataires, religieux, laïcs, rois, soldats, serviteurs, marchands, paysans, marins, enfants, jeunes, anciens, hommes et femmes, blancs et noirs, etc.), et ils ont cru en leur mission commune : semer la tendresse, être attentifs aux autres, prêter l’oreille et accueillir ceux qui ont besoin d’espérance. Ils sont passés par des moments de joie mais aussi d’épreuve, ils ont été incompris et critiqués mais l’amour qui les habitait était plus fort que tous les obstacles. Certains d’entre eux sont descendus trop bas jusqu’à toucher le fond de la médiocrité mais ils ont su rebondir grâce à la miséricorde de Dieu car pour Lui, il n’y a pas de cas désespéré.
Merci petite Thérèse de Lisieux de nous rappeler notre vocation : "Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre". Nous sommes capables d’aimer et les saints ont eu le génie de l’amour. Heureux, heureux... c’est le mode d’emploi de Jésus pour qu’il y ait du bonheur pour tous et des saints partout. Nous sommes tous des saints en devenir, en puissance, car au fond de chacun de nous, il y a une semence de sainteté couverte par nos colères, blessures, rancœurs, égoïsmes, hypocrisies.
Il suffit de laisser Dieu passer l’aspirateur dans nos pièces intérieures et nous laisser transformer par sa tendresse et sa patience pour que nous devenions étonnamment des saints anonymes. Quand la mort nous visite, le deuil nous arrache une partie de notre vie, de notre histoire et nous mourrons un peu avec la personne qui nous quitte. Comment vivre un deuil dans l’espérance afin que la séparation ne soit qu’un au revoir.
Cette célébration nous rappelle que les défunts sont invisibles à nos yeux mais ils ne sont pas absents. Ils sont vivants autrement dans nos souvenirs, dans nos cœurs et dans le cœur de Dieu. Chaque larme qui coule sur ta joue est un signe que tu peux aimer. Aimer, c’est pouvoir dire à l’autre : pour moi, tu ne mourras jamais. C’est l’amour qui nous attend au terme de l’histoire car la vie a vaincu la mort.
Bon dimanche.
L’Abbé Rudacogora Emmanuel
