L’Évangile est plein d’humour. Il nous invite à prendre quelque distance par rapport à l’emprise du sérieux voire du tragique de nos vies.
« Jésus dit à ses disciples : voilà pourquoi je vous dis, ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Car la vie est plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement. Observez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont ni cellier ni grenier, et Dieu les nourrit. Combien plus valez-vous que les oiseaux ! » (Lc12,22-24)
Cet appel nous provoque à une dilatation de l’être, à un élargissement de l’espace, à une ouverture à plus grand que nous. Le risque du quotidien est de nous laisser rétrécir à ce qui est immédiat, visible et contraignant. La vie est plus que la consommation effrénée, que le train-train quotidien. Derrière l’écorce des responsabilités et des engagements glisse une sève qu’il s’agit de reconnaître et d’accueillir avec ravissement. C’est elle qui donne à la vie sa saveur, sa beauté et sa poésie. N’est-ce pas la grâce de l’été de nous offrir ce renouveau possible ?
Libéré quelque peu des contraintes, j’aime à accueillir les minutes et les heures qui passent comme un cadeau. Plus apaisé, reposé et serein, j’aime à redécouvrir la beauté des visages de ceux et celles qui partagent ma vie. Moins tiraillé par les obligations, j’apprécie la découverte de nouveaux paysages comme autant de tremplins vers la beauté. Vous valez infiniment plus que les oiseaux du ciel !
Notre valeur n’est pas au bout d’une conquête de prestige et de pouvoir ; elle est dans l’accueil d’une gratuité étonnante, elle est dans la reconnaissance d’une sève d’amour qui nous habite et nous traverse.
Heureux battements d’ailes et de cœur qui nous emportent au pays de la liberté !
