Mois de mai, pour les catholiques, mois de Marie, Mère de Dieu, mois des mamans. Nous, mâles, ne pouvons qu’admirer ce miracle : la maternité !
La prière de bénédiction, lors d’un baptême d’enfant, dit : « Dieu a mis au cœur de celles qui deviennent mères un amour particulier pour ceux à qui elles donnent le jour ». C’est cet amour particulier qui demeure un secret, sauf pour celles qui le vivent.
Et la Bible de trouver de pathétiques accents : « La femme oublie-t-elle son nourrisson (…) » ? Même si celles-là l’oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas ! (Es 49, 15) » Parmi les impossibles, il y a celui-là : qu’une maman oublie son nouveau-né… mais si l’impossible survenait, Dieu, lui, se ferait Mère. Voilà la clé du mystère : Dieu est à la fois Père et Mère et Source de toute tendresse, celle d’un garçon pour sa fiancée, celle d’une maman pour ses enfants.
Devant nos yeux, cependant, défilent les images terribles de la tendresse blessée : mamans obligées de travailler au lieu de rester au foyer, pères violents, oublieux des gestes de l’amour, ados sans père qui vengent la blessure de l’absence sur une mère déjà accablée, mères à qui on remet un fils mort, descendu de nos croix, mères qui défilent pour demander qu’on leur rende un enfant disparu, mères affamées dont les seins sont devenus secs, mère Courage dont le cœur hurle silencieusement qu’on lui rende ses jumelles…
« Mais vivre sans tendresse, il n’en est pas question », chantait Marie Laforêt. Quand donc mettrons-nous au programme, avant le pétrole et la rentabilité, le droit de vivre la tendresse ? Une société sans tendresse, entre autres malheurs, c’est Dieu amputé. Mamans, on vous aime : n’arrêtez pas la tendresse ! Qu’on vous fête, et pas seulement un jour !
