Avant de devenir religieuse dans la communauté des Soeurs de Saint Maurice, Isabelle Donegani, du Serice de formation des adultes pour l’Eglise catholique à Lausanne, a joué de nombreuses années au basketball, en ligue B à Vouvry puis en ligue A à Fribourg. Elle raconte ce passé qui lui semble si lointain.
"Pour s´épanouir, il faut donner le meilleur de soi-même, pour l´équipe", affirme-t-elle. Tout comme dans une communauté religieuse. La jeune Isabelle Donegani a commencé à jouer au basket à Vouvry, un village de 3´600 habitants situé dans le Chablais valaisan, entre Monthey et Le Bouveret. C´est son professeur de gymnastique au Cycle d’orientation qui lui a donné ce goût. "Il avait senti qu´un potentiel existait chez plusieurs filles de ma classe et il a lancé une équipe féminine, formée d´adolescentes", se rappelle la religieuse, rencontrée dans son bureau, au Vicariat vaudois à Lausanne.
L´équipe a eu quelques renforts, de bons entraîneurs, et a brillé au niveau cantonal, dans la ligue valaisanne. "Ce qui n´est pas rien pour un petit village", commente Sr Isabelle. La formation de Vouvry a même gravi tous les échelons pour atteindre, le temps d´une saison (77-78), la ligue nationale B.
Une "fine gâchette"
"J´étais dotée d´une bonne vision du jeu et j´étais connue comme une ´fine gâchette´, surtout à l´époque où j´ai joué à Vouvry. Je parvenais parfois à marquer un panier depuis le milieu du terrain", se rappelle-t-elle. En Valais, son talent n´était pas passé inaperçu : elle a été sélectionnée pour des camps d´entraînement avec l´équipe suisse des juniores, à Leysin, sans toutefois jouer de matchs internationaux.
Durant la saison 77-78, elle a marqué 15,5 points par match, ce qui faisait d´elle la 4e ou 5e marqueuse de ligue B, et avait une réussite de 52,7% aux lancers francs (7e de ligue B), comme l´attestent des coupures de journaux, qui figurent parmi les rares souvenirs de l´époque conservés par la religieuse.
Isabelle Donegani a joué en ligue A à son arrivée à Fribourg, où elle a étudié la théologie à l´Université en 1981. L´équipe, issue de Fribourg-Olympic, venait de changer de club et s´appelait City-Fribourg. Mais la jeune joueuse ne garde pas des souvenirs sportifs impérissables de cette époque. Elle a l´impression que ses meilleures années étaient déjà derrière elle. "Je ne sais d´ailleurs plus combien de temps j´ai joué en ligue A. Peut-être deux ans ? J´avais mis mon enthousiasme ailleurs, dans mes études". Car si elle a plutôt bien joué au début, elle a ensuite douté d´elle-même, pour finalement prendre ses distances avec le milieu du basket.
