Les diocèses dénonceront désormais systématiquement les coupables à la justice en cas de soupçon fondé, à moins que les vixtimes ne s’y opposent. Par contre, il n’y aura pas de registre central des prêtres pédophiles, les évêques préférant informer directement leurs collègues sur le passé de prêtres ou religieux changeant de diocèse.
Les évêques suisses ont constaté devant Dieu, qu’une « grave faute s’est révélée dans l’Eglise mais aussi dans nos diocèses et nos paroisses ». Les évêques sont conscients de leur responsabilité : « Nous sommes prêts à renouveler notre pensée, notre volonté et nos actes dans l’esprit de Jésus et à participer à la guérison des blessures. » Premières statistiques sur les abus en Suisse
Sur mandat de la CES, la commission d’experts "Abus sexuels dans la pastorale" a établi pour la première fois une statistique des cas signalés par les diocèses de Suisse. L’appel renouvelé au printemps 2010 par les évêques et adressé aux victimes d’abus sexuels pour qu’ils s’annoncent, ainsi que les nombreux rapports médiatiques ont eu un impact certain.
En 2009 les instances diocésaines suisses ont enregistré des annonces concernant 14 auteurs et 15 victimes. Pour la période de janvier à mai 2010, de nombreux autres cas ont été enregistrés, à savoir 72 auteurs et 104 victimes. La grande partie des abus désormais signalés a eu lieu entre 1950 et 1990. Seules 9 des 104 victimes annoncées en 2010 concernent des abus ultérieurs à 1990.
Cas recensés sur soixante ans
Les 104 victimes d’abus sexuel déclarées de janvier à mai 2010 pour les soixante années précédentes concernent, au moment des faits, 11 enfants de moins de 12 ans, 15 adolescentes et 61 adolescents entre 12 et 16 ans, 12 femmes et 5 hommes. Dans 101 des 104 cas, les abus ont été commis en Suisse allemande. En Suisse romande, une intense couverture médiatique sur ce sujet avait déjà eu lieu en 2008, si bien qu’à cette période, dans le seul diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, 30 cas avaient été répertoriés.
La Conférence des évêques suisses est toujours reconnaissante pour chaque annonce d’abus sexuels dans la pastorale. Elle appelle les victimes, à s’adresser aux centres de consultation. Les abus sexuels dans la pastorale ne sont pas tolérables. Justice doit être rendue aux victimes et les auteurs doivent être tenus pour responsables, même si les abus remontent à longue date et que les auteurs sont décédés.
Révision des directives de 2002
Les évêques sont convaincus de l’efficacité des directives « Abus sexuels dans le cadre de la pastorale » promulguées par la CES, en vigueur depuis 2002. Les mesures de prévention adoptées jusqu’à présent selon les directives ont particulièrement fait leurs preuves, soit au cours de la formation des futurs agents pastoraux ou agentes pastorales, soit plus tard au sein de leur ministère en pastorale. Les groupes d’experts diocésains sont des éléments clé dont le mandat est de traiter les cas d’abus sexuels.
Collaboration avec les services de l’Etat
La Conférence des évêques suisses a reformulé un chapitre concernant la collaboration avec les autorités civiles. Le texte manquait de clarté et a été modifié comme suit :
5.3.1. Principe : Les dispositions de la loi civile en matière de dénonciation auprès des autorités pénales doivent être respectées. Les évêques collaborent avec les autorités civiles d’enquête, les tribunaux, les services sociaux et les centres de consultation.
5.3.2 Pour les plaintes pénales :
La victime doit dans tous les cas être informée qu’elle a la possibilité de porter plainte selon le droit public.
On demande à l’auteur, si les circonstances l’exigent, de se dénoncer lui-même.
En cas de soupçon fondé, les autorités ecclésiastiques dénoncent l’abus aux autorités civiles compétentes, sauf si la victime concernée ou son représentant s’y oppose. Dans tous les cas, une plainte pénale doit être portée si le danger immédiat de récidive pédophile ne peut être combattu par d’autres moyens.
Afin d’établir si un soupçon est fondé, l’évêque compétent se réfère au jugement du groupe d’experts de son diocèse auquel appartiennent des spécialistes indépendants.
Devoir d’information
Lorsque un prêtre changeait de diocèse, les responsables de son nouveau lieu d’affectation, n’avaient, dans certains cas, pas été informés, ou de façon insuffisante, d’abus sexuels commis antérieurement. Par conséquent, les évêques ont décidé de n’accepter, dans leur diocèse respectif, l’engagement d’agents pastoraux ou de religieux issus de Suisse ou de l’étranger que s’ils obtiennent une information écrite et complète des responsables précédents sur la réputation de l’agent pastoral en question.
Reconnaissance
Les évêques sont reconnaissants envers la grande majorité des prêtres et religieux qui ont exercé leur ministère dans la plus grande fidélité. Actuellement, l’année sacerdotale qui prend fin le 11 juin met l’accent sur leur ministère et leur joie d’annoncer l’Evangile par leurs actes et leurs paroles.
Evêques suisses sur internet
Les soucis des hommes sont également ceux des évêques. C’est pourquoi ceux-ci invitent, la semaine prochaine, à un dialogue direct sur www.kath.ch.
Lettre pastorale pour le Jeûne fédéral
Les évêques ont discuté et approuvé le texte de leur lettre pastorale de la journée nationale d’action de grace du Jeûne federal. Elle porte le titre “Vivre la foi de façon convaincante dans notre temps.
