Un jour, nous nous retrouvons seules, impuissantes et démunies en prison. Des pensées et idées sombres accompagnées de forts regrets envahissent chaque heure égrenée lentement dans nos cellules. Nos familles nous manquent. Paradoxalement, un silence s’installe aussi entre nos proches et nous-mêmes. Ce silence se creuse avec nos « non-dits ». Par pudeur et par envie de protéger, nous ne disons que très peu de détails sur notre quotidien en prison. Il ne nous reste que les moments de méditation et de prière pour tout confier et tout exprimer.
Renouer avec notre dignité, exprimer nos peines et demander de l’aide, tout cela ne peut que nous aider chaque jour à attendre l’issue de notre séjour entre ces murs. Les aumôniers sont là pour nous le rappeler, mais aussi pour nous écouter et nous permettre de souffler un peu à l’occasion, par exemple, d’évènements organisés pour nous (concerts, pièces de théâtre, etc.), lors des visites organisées avec des bénévoles et surtout lors des cultes animés spécialement pour nous afin de prier et de ressentir la force de notre foi et tout l’amour qui est en nous.
Car au milieu des tourments, des personnes nous aident à réaliser que s’il y a une foi qui peut déplacer des montagnes, c’est bien la foi en nos propres forces ; les aumôniers font cela pour nous.
Enfin, une citation du Dalaï Lama XIVe, Tenzin Gyatzo, résume très bien ce que les aumôniers nous apportent par leur présence, leur écoute, leurs prières et leur dévotion : « Les prisonniers sont heureux de voir qu’on les aime et qu’on s’occupe d’eux. Au bout d’un certain temps, ils deviennent des êtres satisfaits, ayant confiance dans les valeurs humaines et capables de vivre dans la société ».
Michèle / Femmes Préventive
| Témoignage adressé aux aumôniers de la Prison de la Tuilière à Lonay |
