Certes que l’on se plaint pour toutes ces factures à payer (assurances, contraventions, impôts, etc.) mais il le faut. Ce beau pays tranquille, propre, organisé, bien géré ne peut que contribuer à rendre heureux tous ses habitants.
Suisse, terre des hommes, terre d’accueil. Les aînés se souviennent : l’arrivée des italiens, des espagnols, des belges et plus récemment des portugais, des européens de l’Est, des africains, des asiatiques et des américains du sud. Eh oui, aux côtés des suisses, les étrangers ont participé aussi, participent encore et participeront à la construction permanente de ce beau pays. Jean Paul Sartre s’est trompé quand il affirmait que l’enfer : c’est les autres. Au nom de notre humanité et de notre foi, nous savons bien que les autres sont une richesse et qu’au-delà des nos peurs et préjugés nous pouvons découvrir les trésors cachés dans chaque être humain et dans toutes les cultures du monde.
Tous les suisses sont riches, pardon tous ceux qui habitent en Suisse sont riches. Les habitants de tous les continents en sont convaincus. Lorsque je pars en Afrique en vacances, ils me disent presque tous : "tu habites en Suisse donc tu es très riche". Sans une seconde d’hésitation, je réponds par l’affirmative. Oui, en Suisse nous sommes riches non pas à cause des banques, nous ne sommes pas tous millionnaires.
Des milliardaires, il y en a aussi en Afrique même si on ne sait pas toujours comment ils se sont enrichis. Notre richesse commune en Suisse, c’est la paix. Cette paix acquise et sauvegardée depuis des siècles, cette paix que les générations se sont transmises jusqu’à nos jours. Cette même paix que nous sommes appelés à transmettre aux générations futures.
La Suisse aurait un rôle à jouer dans le concert des nations et surtout auprès des pays dits "pauvres". Distribuer le riz aux affamés, c’est un geste louable mais incomplet. "Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour, si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours". Eduquer et accompagner les nations (peuples et dirigeants) sur le chemin de la bonne gouvernance et le respect des droits humains, ce serait un investissement durable.
Et les chrétiens dans tout ça ! En 1481, c’est grâce à la médiation de saint Nicolas de Flue, ce conseiller et juge dans le canton d’Obwald, qu’il y eut la paix entre les cantons au bord de la division et que les cantons de Fribourg et de Soleure entrèrent dans la confédération helvétique. Cet homme épris de justice, plongé dans la prière et habité par les vertus chrétiennes, est pour nous un modèle d’engagement chrétien dans la société humaine. A nous de jouer ! "Tu m’as dit d’aimer : j’obéis : Mon Dieu, protège mon pays". (Prière patriotique). Vivent la confédération helvétique et tous ceux qui l’habitent avec leurs diversités et complémentarités culturelles. Suisse, tu nous aimes, Suisse, nous t’aimons.
L’Abbé Rudacogora Emmanuel
