La conversion pourrait paraître comme une menace ou une démarche qui rend triste et donc qu’il faut retarder le plus possible, et pourtant c’est une invitation à la joie, à la liberté bref à la bonne nouvelle. La peur du changement et l’hésitation à se laisser renouveler viendraient de l’idée erronée selon laquelle la conversion nous priverait de notre bonheur, de nos habitudes, de notre confort, donc de tout ce qui fait notre joie.
Qui de nous ne s’est pas un jour trompé de route ou rater la bonne sortie de l’autoroute ? Faire demi-tour pour reprendre la bonne route est-ce un motif de honte ? C’est ça la conversion. La confession est un chemin vers la conversion.
Des fois on se demande pourquoi aller se confesser si après on refait les mêmes péchés ? Qui pourrait se faire la même réflexion de type : je ne vais plus me raser la barbe parce que de toute façon elle va repousser ?
La confession est un combat à travers lequel Dieu fait le ménage, passe l’aspirateur à l’intérieur et nous renouvelle pour un nouveau départ. Mais les péchés existent encore, ça va pas la tête ! C’est du Moyen Age ! Et si c’était l’orgueil qui nous bloquait ? Pourquoi avouer que je suis faible et que j’ai besoin d’aide ? Je retombe toujours dans les mêmes fautes ! La confession ne me sert à rien !
Et le prêtre qui m’écoute et me donne l’absolution, est-il meilleur que moi ? Non, loin de là ! Il a aussi besoin de recourir à cette source de la miséricorde. Si le prêtre est crédible lorsqu’il baptise ou célèbre l’eucharistie, pourquoi pas lorsqu’il nous réconcilie et nous aide à nous remettre dans l’aventure de l’amour ?
Se convertir, c’est opérer un choix entre la fidélité et la désobéissance, entre la vérité et le mensonge, entre le courage et la lâcheté, entre l’égoïsme et la générosité. Pour vivre le sacrement du pardon, il nous faut au moins une vertu : l’humilité. Le psaume de ce dimanche nous dit : Seigneur enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Seigneur, je te rends grâce car je suis comme les autres et j’ai besoin de ton amour et de ton pardon.
Abbé Rudacogora Emmanuel
