Votre Natel a-t-il quelques problèmes, rien à faire, c’est plus facile à remplacer qu’à réparer. Votre voiture a-t-elle 10 ans d’existence (et des fois moins), elle est vieille, il faut la remplacer. Après 3 ans, votre ordinateur n’est plus adapté aux nouveaux programmes, il faut donc un nouveau modèle. Le vieux temps des cordonniers est révolu : la réparation coûte plus chère que l’acquisition d’un nouvel article, il faut être à la page et marcher avec son siècle.
Votre épouse a-t-elle des problèmes ou votre mariage est-il menacé par la monotonie, la routine et l’ennui, ballotté par des vagues d’incompréhension, faut-il vous séparer ? Ah non. "Il n’est pas bon que l’homme soit seul" (première lecture), à condition de savoir que l’autre n’est pas un outil, encore moins un jouet, c’est un être digne de respect, c’est une aide avec qui nous partageons l’amour dans la dignité.
Hélas, nous appartenons à cette race fragilisée par tout ce que nous consommons (aliments, médicaments, infos et publicités), cette race sans anticorps, qui ne sait plus résister comme nos ancêtres autrefois. Les temps durs, la précarité et la solidarité les ont appris toutes ces vertus qui nous échappent : la patience, la tolérance, la responsabilité, l’endurance, le dialogue et le partage. Et dans nos circonstances actuelles, y a-t-il une recette pour sauver le mariage ?
"Est-il permis de répudier sa femme" ? (évangile) ou alors de répudier son mari ? Se séparer de l’autre, souvent dans des conditions douloureuses et rejeter celui qui fut le confident, le meilleur ami, qu’on connaît du bout des doigts, et surtout faire payer aux enfants le prix d’un échec dont ils ne sont en rien responsables et les attirer (acheter) chacun de son côté par des cadeaux tout en essayant de diaboliser l’ex qui est quand même leur papa ou leur maman, autant de pratiques qui ajoutent au drame actuel du divorce un ingrédient de trop.
Nos propos n’ont rien d’une leçon moralisante, même ceux qui ont vécu ce déchirement douloureux dans leur couple, ont leur place dans nos communautés. Tous ensemble chacun avec ses blessures et cicatrices, nous pouvons bâtir l’Eglise de Dieu qui n’est en rien celle des champions mais des faibles qui aspirent et demandent le secours de Dieu. Aimer, c’est pouvoir dire à l’autre : tu ne mourras jamais. C’est la fécondité de l’échec. Bon dimanche.
