Ah ! Le passé m’a bien servi de leçon, je ne me laisserai plus avoir. Au diable l’angoisse, au diable le jugement des autres qui, on le sait bien, s’occupent plus d’eux-mêmes que de moi ! Je vais vivre heureuse, je suis pleine de bonnes résolutions !
Et, le 2, je me lève pareille à moi-même, morose comme un ciel de janvier, ou comme un confetti sous la pluie... Et les habitudes reviennent à pas de loups, comme de fidèles ennemies.
« Voici le jour que fit le Seigneur, pour nous allégresse et joie. »
Qui parle ? Et de quelle joie s’agit-il ? De la joie toujours fulgurante, toujours triomphante, de vivre un jour nouveau, un jour entièrement neuf, un jour unique qui n’est ni hier, qui n’est pas encore demain, un jour de résurrection, ce jour que le Seigneur fait pour le monde. Tout est aujourd’hui, et seulement aujourd’hui, et tout est possible... Oh, non, je ne vais pas me crisper sur le quelque chose à faire qui va marquer ce jour ! Je vais me laisser transporter par la joie... ! Aujourd’hui, c’est cadeau de Dieu. Aujourd’hui, je vais savourer le goût de vivre, sans souci du lendemain, car la joie, je ne la possède pas, « ... la joie est plutôt quelque chose qui me possède ». Et je vais relire Les Roses de la Vie de Jean Cazeneuve, dont j’avais retenu ce beau passage.
