Giorgio Margaritondo : L’EPFL donne déjà à ses jeunes des conditions exceptionnelles de formation et de recherche sur le plan international. Pour les améliorer, nous avons lancé une série d’initiatives (les « sept mesures ») visant une formation encore plus adaptée au monde actuel et une participation active des étudiants. Pour les femmes, il faut noter les initiatives de la Fondation Wish et du Bureau de l’Egalité des chances, par exemple « Internet pour les filles ». Mais la promotion des femmes exige des actions encore plus efficaces et une prise de conscience répandue.
Comment faites-vous afin de rendre accessible les recherches scientifiques menées à l’EPFL ?
Pour la diffusion professionnelle, nos chercheurs sont parmi les plus présents dans la littérature scientifique de haut niveau. Mais il est également important d’atteindre le grand public et les responsables politiques. Nous aimerions une multiplication d’initiatives telles que la médiatisation du Projet BlueGene,mle Festival de Robots du professeur Mondada et le « Bus EPFL » demMadame Farnaz Moser.
En tant que responsable de l’aumônerie, qu’attendez-vous de ce service ?
Je vise en priorité des actions sur le plan social, sans barrières nationales ou religieuses. Une grande partie de la population de l’EPFL provient d’autres régions et pays, et doit être intégrée dans le tissu social de l’Ecole et de la Suisse. L’aumônerie peut jouer un rôle important dans ce processus, ainsi que pour faciliter la prise de conscience sur l’impact sociétal de la science et de la technologie, un sujet qui passionne nos jeunes.
Que répondez-vous à celles et ceux qui estiment que l’EPFL n’est réservée qu’aux personnes financièrement aisées ?
Je suis préoccupé par la pression économique sur les étudiants de classe moyenne et par la faible présence d’enfants de familles à revenu limité, une perte de talents potentiels dont la Suisse devrait pouvoir profiter. Nous avons besoin d’une réforme profonde du système des bourses et du financement des études en général.
Quelle est la dimension humaine, voire humaniste, dans une recherche qui vise l’excellence à l’échelon mondial ?
Les meilleures recherches sont inspirées par le désir de comprendre l’univers où nous vivons et que nous partageons avec les autres êtres humains. Paradoxalement, les vraies révolutions industrielles sont créées le plus souvent par des recherches ne visant pas les applications immédiates. Une approche humaniste de la recherche, s’inspirant des traditions de Leonardo et Galilée, est aussi la plus efficace sur le plan pratique.
L’EPFL jouit d’une infinie multiculturalité en tant que campus universitaire. Que faites-vous pour éliminer ‘les barrières artificielles de la culture’ et comment aidez-vous les personnes venant d’ailleurs à s’intégrer ?
La Suisse a une culture civile et sociale unique en Europe en ce qui concerne l’intégration : il s’agit simplement de la poursuivre. Nous devons stimuler un réseau capillaire touchant tous nos jeunes, suisses et étrangers, par l’amitié, le sport, la culture et la convivialité. Le campus EPFL 2010, qui n’est plus un rêve mais presque une réalité, sera un élément important d’intégration. Les associations d’animation, sportives, culturelles et spirituelles, dont l’aumônerie, seront les éléments de la réalisation d’un vrai campus universitaire.
Maria Zufferey
