Le cercle de silence sera suivi d’un recueillement oecuménique au Temple qui se trouve sur la même place à 11h15. Un moment de convivialité et d’échange est ensuite prévu autour d’une soupe préparée par l’association des Tisserands du monde qui accompagne et soutien des requérants d’asile dans la salle de paroisse de la rue Pestalozzi 6.
Programme du 11 avril à imprimer (A4 recto-verso)
Pourquoi un cerle de silence ?
Cette démarche a été lancée par la communauté franciscaine de Toulouse. Elle a décidé cette action par rapport aux conditions de détention de migrants dans un Centre de rétention proche de leur ville.
Ce temps en silence et en commun vise à permettre à chaque participant, à sa manière d’être en contact avec sa propre humanité. Il devrait aider aussi chacun à voir plus clair sur ce qu’il peut faire comme citoyen pour prendre part au respect des droits fondamentaux et de la dignité des migrants ainsi qu’à l’humanité de ceux et celles qui doivent appliqués des lois et des directives. Ces dernières apparaissent très dures aux yeux des initiateurs. Les cercles de silence se sont développés dans plus de 40 villes en France.
Action des franciscains de Toulouse : http://www.franciscainstoulouse.fr
Et en Suisse où en sommes-nous ?
Les lois sur l’asile et les étrangers, votée par le peuple en septembre 2006, sont entrées en vigueur en deux étapes aux 1er janvier 2007 et 2008. A ces deux lois, s’ajoute celle sur le travail au noir. Elle a aussi un impact sur la situation des migrants sans statut légal.
"Pièges" de l’aide d’urgence
Une des conséquences, les plus cruciales de ces révisions est le passage de tous les requérants déboutés à l’aide d’urgence, comme pour ceux qui ont eu une non-entrée en matière depuis le 1er avril 2004.
L’aide d’urgence est du ressort des cantons. Il y a ainsi presque 26 régimes différents ! Ainsi, les requérants déboutés ne reçoivent pas les mêmes prestations suivant le canton auquel ils sont attribués.
De plus, au mieux cette aide d’urgence correspond, en gros, à la moitié de ce que reçoivent les requérants toujours dans la procédure. Ceux-ci reçoivent environ la moitié des minimums d’aide sociale que reçoit un citoyen suisse ou une personne ayant droit à cette aide.
Par exemple dans le canton de Vaud, les familles avec des mineurs et les personnes vulnérables ont droit à une chambre meublée dans un centre, 9.50 francs par jour/personne, l’assurance maladie et des bons de transports ponctuels. Pour les célibataires, toute l’aide est en nature. Environ 600 personnes sont à l’aide d’urgence dans le canton actuellement.
L’aide d’urgence était prévue, dans les intentions politiques, pour 5 jours en attendant que les gens quittent le territoire. Or dans les faits, des personnes y sont depuis des mois, voire des années. Le retour au pays pour des requérants déboutés n’est pas qu’une question de volonté. Ce sont des enjeux bien plus complexes. De plus, certains ne sont pas renvoyables suivant les critères légaux.
"Disparition" dans la clandestinité
Ainsi, devant la dureté du régime de l’aide d’urgence, un grand nombre de requérants déboutés partent dans la clandestinité.
Ils rejoignent les dizaine de milliers de personnes sans-papiers, qui ont eu un autre parcours. Ils vivent dans l’ombre en Suisse, tout en oeuvrant au bien être socio-économique et à notre style de vie pour un grand nombre d’entre eux.
Pour les ministres des deux Eglises mandatés auprès des requérants, ces trajectoires rejoignent des expériences des croyants exprimées dans la Bible comme le psaume 31, en particulier le verset 13 "on ne me connaît plus, on m’a oublié comme un mort, comme un objet hors d’usage". Dans ce document vous pouvez découvrir ce psaume en entier et quelques expressions de réquérants très significatives.
Que sommes-nous prêts à faire ?
Il faut bien reconnaître que nous sommes pris dans une sorte d’impasse. La vision actuelle de la migration et le cadre légal ne permettent pas aux migrants hors Union Européenne, avec des qualifications moyennes ou basses, de venir ou d’être régulariser. Ils ne peuvent qu’essayer l’asile ou la clandestinité. En même temps, notre pays en a besoin dans certains secteurs comme le personnel de maison, l’hôtellerie et la santé.
Si nous appliquions à la lettre les lois révisées, l’impact serait énorme tant pour les migrants que pour notre style de vie.
Vous pouvez découvrir sur le site de l’Observatoire du droit d’asile et des étrangers plus de 70 cas réels et documentés qui montrent malheureusement les applications très dures, voire des traitements qui semblent arbitraires et/ou en contradiction avec les lois révisées ou ce qui a été dit et promis lors de leurs présentations. Adresse du site observatoire du droit d’asile et des étrangers.
Ainsi, le cerle de silence d’Yverdon vise à offrir un espace communautaire pour méditer sur ces réalités qui touchent tant l’humanité des migrants que la nôtre, que la qualité de notre Vivre ensemble et pour informer et sensibiliser chaque passant à ce qui se vit et se passe dans ce pays.
