Le vieux rêve d’autorité, la volonté de puissance et de pouvoir, la recherche des honneurs et des promotions, la folie de grandeur ! Eh oui, le chemin est encore long.
Qui est alors le plus grand ? Le plus riche ? Le plus haut gradé ? Le plus beau ? Le champion ? Le plus âgé ? Les présidents des communautés et groupements, le modérateur ? Eh non, le plus grand est celui qui a un coeur d’un enfant, qui se fait le serviteur de tous et ne se fait en aucun cas esclave des honneurs.
"D’où viennent les guerres et les conflits entre vous ?" (2ème lecture). Comme il est plus facile de se dire que ce discours serait plus parlant en Irak, en Afghanistan ou en Afrique !
Attention, Saint Jacques ne s’adresse pas à l’Assemblée Générale de l’Onu mais bien à des communautés chrétiennes et à la nôtre en ce dimanche. Comment vivons-nous la communion, la fraternité et la solidarité dans nos communautés ? Ont-elles l’image d’une Eglise-famille ou alors d’une jungle qu’on fréquente en ordre dispersé au risque de se marcher sur les pieds ?
Des fois même une grande dévotion peut cacher une violence et une intolérance destructrices. Chercher à sous-estimer, à ignorer, même à détester ceux qui ne prient pas comme nous, ceux qui ne font pas comme nous, n’est-ce pas de l’intolérance !
"La jalousie et les rivalités mènent au désordre… la sagesse qui vient de Dieu est paix, tolérance et sans hypocrisie" nous répète saint Jacques. Nos communautés sont-elles à l’abri de ces petites guerres alimentées souvent par des paroles assassines, des querelles mesquines, des intrigues, une recherche de la popularité, des attitudes partisanes et le rêve des applaudissements ?
Face à cette recherche d’une vaine gloire, Jésus vient faire taire nos polémiques et nos discordes qui ne servent en rien la gloire de Dieu. Il présente à ses disciples un enfant qui n’a pas de médailles, des trophées ni des galons à exhiber mais simplement un enfant qui se laisse aimer et guider par l’amour.
Comment briller sans effacer et sans rabaisser les autres, comment avancer sans écraser l’autre, comment dialoguer sans réduire l’autre au silence, comment cheminer tous ensemble dans le soutien mutuel ?
"Seigneur fais de nous des ouvriers de paix et des bâtisseurs d’amour. Là où est la haine que je mette l’amour, là où est l’offense, que je mette le pardon ; là où est la discorde, que je mette l’unité. C’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné" (Saint François d’Assise).
Bon dimanche.
L’Abbé Rudacogora Emmanuel
