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Puiser dans sa foi pour réussir à surmonter des difficultés liées au chômage de longue durée

Le licenciement : un « tremblement » de terre pour moi

Un seul événement aura suffi pour bouleverser ma vie. Un licenciement prononcé en août 2003 à la suite d’une action de mobbing fort douloureuse. Passer du jour au lendemain du plein emploi au chômage n’est pas banal. Personne ne vous prépare à cela. C’est un parcours délicat, qui peut être long et qui sollicite fortement aussi bien votre mental que votre physique.

Après l’étude de mon dossier par l’agence ORP locale, j’ai eu droit comme tout chômeur à un accompagnement d’une durée de 22 mois par une 1ère conseillère en placement. Des rendez-vous de 15-20 minutes fixés toutes les 6 à 7 semaines, pas vraiment l’idéal pour parler en profondeur de l’évolution de sa situation. Aucun plan stratégique mis véritablement en place, participation à un emploi temporaire subventionné (ETS) accordé après une âpre lutte, difficulté à obtenir des cours de perfectionnement pourtant légitimes, pas de travail en réseau avec des entreprises locales à la recherche de nouveaux collaborateurs,...Bref un service qui n’en est pas vraiment un. Dans mon esprit, je sens que la solution prendra un certain temps et qu’elle exigera de ma part beaucoup de sacrifices.

Mon histoire et mes désirs ne sont pas pris en compte. La confiance se brise.

Arrivé au terme de mon délai cadre de l’assurance chômage, je deviens bénéficiaire du RMR (revenu minimum de réinsertion) au 1er juillet 2005. A la faveur d’une mesure d’accompagnement mixte, l’ORP charge une nouvelle conseillère en placement de mon suivi personnel. En dépit de l’opportunité de suivre un atelier "orientation-emploi" qui me permettra d’élaborer mon projet de reconversion professionnelle, le dialogue a beaucoup de mal à s’instaurer. Cette collaboratrice me reprochera notamment de vouloir "viser trop haut" dans mes recherches d’emploi et ira même jusqu’à dénigrer mon propre parcours professionnel ainsi que mes choix de formation. La confiance étant rompue en ce qui me concerne, je demande en septembre 2006 à ne plus être suivi par une quelconque personne d’un ORP. Je décide de ne faire confiance qu’à un assistant social employé au sein du CSR local.

Une ouverture par des contacts et par une participation à des activités bénévoles.

Durant l’été 2006, je prends contact avec M. Michel Racloz (alors animateur de l’antenne Pastorale Monde du Travail de Lausanne) pour lui exposer ma situation. Sensible à celle-ci, il me parle des actions organisées au sein de la PMT et me renseigne également sur les activités qui sont menées par la paroisse de Renens. Petit à petit, je prends part à un groupe de lecture biblique (OASIS), je participe à la tenue de soirées en lien avec le monde du travail, j’assiste à des projections du CinEchange qui propose de débattre sur le thème du film de la soirée. A cheval entre 2007 et 2008, je suivrai avec beaucoup d’intérêt un parcours de formation traitant de la pauvreté et des initiatives pouvant être menées et aussi le lancement des dimanches solidaires avec le concours du département Solidarités de l’Eglise catholique du canton de Vaud. Cette dernière initiative me plaît tout particulièrement car elle offre un temps et un espace de fraternité, de partage et de rencontre à des personnes démunies. Me sentir utile et aider des personnes vivant des situations très difficiles me réjouit énormément. Cela me nourrit l’esprit et contribue à rester ouvert aux autres et ne pas penser qu’à soi d’une manière égoïste.

Mon projet professionnel se précise

Soutenu moralement par les liens que j’ai su tisser dans l’environnement de l’église de Renens et grâce au bilan social établi avec l’aide de mon assistant social, j’effectuerai un stage découverte comme éducateur social dans une fondation qui s’occupe spécialement de polyhandicapés. Une expérience qui me vaudra de voir clairement mes limites physiques et psychiques. Nous sommes alors en octobre 2006. En tenant compte de ma fibre sociale, de l’intérêt que je porte au domaine éducatif et pédagogique, j’oriente désormais mes recherches dans le travail en lien avec les enfants. En janvier 2007, je décroche une mission intérimaire de 6 mois en qualité de moniteur auprès d’une structure parascolaire en ville de Lausanne. Cette expérience signe le début d’une renaissance. Je retrouve un cadre qui est en accord avec mes valeurs et mon identité.

Voulant tout de même vérifier de ma capacité à pouvoir encadrer des jeunes, j’effectue un stage découverte comme éducateur social dans un SEMO (semestre de motivation) à Genève entre août et décembre 2007. Ces structures sont proposées à des jeunes de 16 à 25 ans qui sont en recherche d’une place d’apprentissage ou qui souhaitent définir un projet d’études. Là aussi, l’expérience s’avère fort intéressante puisqu’elle me permet de comparer le travail réalisé avec ces deux catégories de population qui sont logiquement différentes. Convaincu que mes aptitudes répondent mieux à un public plus jeune, j’arrête mon choix professionnel futur sur le métier d’éducateur de l’enfance.

En décembre 2007, je recontacte le service de l’enfance de la ville de Lausanne en soumettant mon désir de vouloir poursuivre notre collaboration à moyen terme. Et dès janvier 2008, je retrouve une place de moniteur auxiliaire qui me permet d’effectuer plusieurs remplacements auprès de structures parascolaires lausannoises. Aujourd’hui, même si je perçois encore le RI (revenu d’insertion), je travaille néanmoins dans deux de ces structures. Par ailleurs, je viens de déposer tout récemment mon dossier de candidature dans un institut de formation. Si tout va bien, je devrais pouvoir démarrer mon cursus en août 2010 ou 2011.

Pour moi, le travail en partenariat effectué avec mon assistant social m’aura permis de reprendre en main un certain contrôle de ma vie. Par un dialogue ouvert, franc et respectueux, on m’a laissé l’initiative de mener à bien mon projet qui est désormais en bonne voie de réalisation. L’avenir semble enfin s’éclaircir pour moi.

Sébastien Musumeci, Lausanne 26 novembre 2008

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