Pour certains, Noël est un moment sentimental et douillet, une fête où on construit des crèches, où on raconte des histoires d’enfants, des histoires peuplées de bébés, d’anges et de bergers, un moment où on donne et reçoit des cadeaux, et où on mange et boit un peu trop. Mais ceux qui viennent à l’église le 24 décembre reconnaissent que c’est beaucoup plus profond que cela. Nous fêtons cette nuit-là la naissance de Dieu parmi nous, la gloire de Dieu sur la terre. L’Eglise contemple ce miracle depuis des siècles. Mais pourquoi le contempler maintenant, à minuit le 25 décembre ?
Depuis le Vième siècle : trois messes pour Noël
Dès le VIème siècle, l’habitude s’est prise de célébrer trois messes à Noël. La première était célébrée à minuit en accord avec l’antique tradition selon laquelle Jésus serait né à cette heure-là. Aujourd’hui l’habitude s’est prise de célébrer une messe des familles vers 19 heures, avec les textes de la messe de minuit. Reste que Noël est avec Pâques la seule fête à avoir cette particularité :
une messe de la nuit, ou « messe de minuit » ou encore « messe des anges », qui insiste principalement sur l’événement de la naissance de Jésus à Bethléem et l’adoration des bergers avertis par les anges.
une messe de l’aurore ou « messe des bergers », aux premières lueurs du jour ; qui célèbre l’apparition du Christ lumière qui vient éclairer le monde.
une messe du jour, ou « messe du Verbe divin », enfin, qui célèbre la naissance du Fils de Dieu, engendré par le Père avant tous les siècles.
A minuit…
L’Eglise a très tôt choisi le milieu de la nuit en hiver pour célébrer la naissance de Dieu. Moment où il nous manque le soleil faible d’hiver. Entourés d’une obscurité et d’un froid profond, ce n’est pas un moment fait pour les hommes. Toute la nature semble contre nous, c’est le moment le plus dur de l’année. Un moment qui symbolise la faiblesse, un moment noir comme le désespoir.
C’est justement à ce moment symbolique que nous fêtons la naissance de Jésus, parce que c’est à cet instant que nous avons le plus besoin d’une lumière qui nous fasse vivre, qui nous donne de l’espérance. Même au milieu de l’obscurité la plus profonde il y a une lumière, une espérance, plus profonde encore. Cette espérance porte un nom : Jésus, Dieu fait homme.
