Mgr Charles Morerod, nouvel évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a donné sa vision de Noël à l’Echo Magazine dans l’édito du numéro sorti en cette veille de la fête de la Nativité.
Consultez l’album photos de la consécration de Mgr Charles Morerod.
Mgr Charles Morerod vient d’être consacré évêque. Il salue l’assemblée.
Noël est une fête universelle. Des personnes de toutes religions et beaucoup d’indifférents semblent s’y retrouver. Et cela correspond bien à l’intention de Dieu de rassembler toute l’humanité. Mais pour comprendre la relation entre l’unité de l’humanité révélée dans le Nouveau Testament (qui parle de la naissance de Jésus) et ce vaste rassemblement de personnes différentes, il faut commencer par voir le sens chrétien de Noël.
Dans l’Ancien Testament, Dieu se révèle progressivement au peuple hébreu. Ce peuple en vient à confesser un Dieu unique, créateur de tout ce qui existe, et à attendre un Messie qui vienne le sauver dans sa détresse (exil, domination étrangère,…). Et l’attente prend chez les prophètes une dimension universelle : ce qui est annoncé, c’est la paix pour tous, pas seulement pour le peuple juif. La naissance de Jésus à Bethléem est la réponse à ces promesses.
Mais quelle réponse ? Certains seront déçus. Ceux qui acclament avec des rameaux le « fils de David » entrant à Jérusalem le rejetteront quelques jours plus tard. Il n’a pas rétabli la royauté attendue ! La naissance d’un messie pauvre et humble contient en germe ce futur refus. Ce n’est pas étonnant, car Noël est vraiment la célébration d’un mystère.
Un seul Dieu, créateur de tout ce qui existe, agit pour sauver son peuple et toute l’humanité : très bien, mais…. C’est comme ça qu’il le fait ? Par un enfant dont les parents doivent se contenter d’une étable ? Voilà la première image, confirmée par ce qui va suivre. Tout étonne : le contraste entre la majesté divine et cette simplicité. Et davantage encore l’inouïe union de cette nature devient (entendue au sens le plus fort, le plus pur) et de la nature humaine : il n’y avait là rien d’évident, même pour ceux qui ont vu Jésus.
Ecoutons le dialogue de Jésus avec Pierre : « Jésus posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? » Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes » - « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » En réponse, Jésus lui dit : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 16, 13-17). En d’autres termes, il faut la foi pour y voir clair.
Dieu fait homme. Vraiment Dieu, vraiment homme. Voilà Noël. Et c’est une bonne nouvelle pour les lecteurs de l’Echo et pour tous, car Dieu se fait homme pour nous. Si Dieu vient à nous, c’est pour que nous soyons avec lui, et que nous le soyons pour l’éternité.
Consacré à la cathédrale de Fribourg
Plus de 2000 fidèles ont participé dimanche 11 décembre à la consécration de Mgr Charles Morerod comme évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. La célébration a été présidée par le cardinal Georges Cottier dans une cathédrale comble, alors que des centaines de fidèles la suivaient sur écran géant de télévision dans la basilique Notre-Dame et l’église des cordeliers.
Le cardinal Georges Cottier, dominicain genevois ami de Charles Morerod, a présidé cette célébration grandiose de près de trois heures. Il était assisté par le cardinal américain William Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican, et par Mgr Norbert Brunner, président de la Conférence des évêques suisses.
Soutien personnel du pape
Une quarantaine d’autres évêques et cardinaux ainsi que 300 prêtres ont entouré Mgr Charles Morerod pour cette messe de consécration. L’émotion était à son comble dans la cathédrale lorsque Mgr Georges Cottier a lu la bulle papale lui donnant les pouvoirs d’évêque du diocèse. Le pape Benoît XVI a personnalisé son message : « Aussi, est-ce vers toi, Fils bien aimé, que nous tournons notre pensée, car nous savons que tu es pourvu des vertus et des compétences nécessaires… ». Après avoir accepté sa charge, Mgr Morerod s’est prosterné, les bras en croix, à même le sol pour entendre la litanie des saints.
Après avoir accepté sa charge, Mgr Morerod s’est prosterné, les bras en croix, à même le sol pour entendre la litanie des saints.
Le cardinal Cottier lui a alors oint la tête avant de lui remettre l’Evangile et les signes de sa charge, l’anneau, la mitre et la crosse dans une atmosphère recueillie. Porté par la Messe du couronnement de Mozart et l’Alleluia de Haendel, Mgr Charles Morerod a alors présidé la messe.
Le cardinal Georges Cottier remet la Bible à Mgr Morerod.
A la fin de la célébration et après les discours officiels, il a exhorté les fidèles à la joie chrétienne, à vivre du Christ et d’écouter le message de l’Eglise qui propose la Foi. « Oui, nous proposons une base morale et une Espérance à toute la société, à une société sans religion qui tend vers la violence. C’est pourquoi il faut veiller à la cohésion sociale et combler le fossé entre les privilégiés et ceux qui craignent pour l’avenir ».
Et le nouvel évêque a rappelé que Dieu vient à nous à Noël.
Consultez l’album photos de la consécration de Mgr Charles Morerod.
