La levée par le pape Benoît XVI de l’excommunication des quatre évêques schismatiques ordonnés par Mgr Lefebvre en 1988 continue de faire des vagues en Suisse. Dans une lettre ouverte publiée le 5 février, Mgr Markus Büchel, évêque de St-Gall, et la direction de son diocèse rappellent que la Fraternité sacerdotale St-Pie X reste schismatique.
Les responsables du diocèse de St Gall déplorent que la Conférence des évêques suisses (CES) n’ait pas été, au préalable, mis au courant de la décision du Vatican, rendue publique par une indiscrétion relayée par un journal italien. Ce n’est que deux jours plus tard, le 24 janvier, que le Saint-Siège a officiellement confirmé cette décision.
"Les évêques restent toujours suspendus"
Dans son communiqué, le diocèse de St-Gall relève que les évêques concernés - malgré le fait qu’il subsiste actuellement quelques malentendus et insécurités - ne sont toujours pas reconnus comme évêques de l’Eglise catholique romaine. Certes, relèvent Mgr Büchel et son Conseil, Rome a levé leur excommunication, mais ce n’est là qu’un premier pas indispensable pour rendre possibles la poursuite des discussions concernant une réconciliation avec l’Eglise catholique. "Les évêques restent toujours suspendus et n’ont pas la permission d’exercer leur ministère épiscopal".
Réconciliation impossible aujourd’hui
Une réconciliation complète n’est pas possible jusqu’à aujourd’hui, soulignent les signataires. En effet, les quatre évêques lefebvristes et la Fraternité sacerdotale St-Pie X ont fait savoir clairement par le passé qu’ils rejetaient les déclarations fondamentales du Concile Vatican II, notamment la déclaration "Nostra aetate" sur les relations des catholiques avec les religions non chrétiennes, en particulier avec le judaïsme.
Mgr Büchel et le Conseil de l’ordinariat attendent des évêques et des prêtres de la Fraternité St-Pie X qu’ils expliquent de façon crédible qu’ils acceptent le Concile Vatican II et en particulier l’attitude positive face au judaïsme contenue dans la déclaration "Nostra aetate". A propos de l’holocauste, ils dénoncent également les affirmations "absurdes", "dégradantes" et contraires à toute notion d’histoire faites par Richard Williamson et les considèrent comme "inacceptables".
Exigence du Vatican envers Richard Williamson
Le Vatican a exigé que l’évêque traditionaliste réfute publiquement sa négation de l’holocauste. Sans qu’il le fasse de façon publique et absolument sans équivoque, Richard Williamson ne recevra aucune permission d’exercer des tâches épiscopales au sein de l’Eglise, a rappelé la Secrétairerie d’Etat du Vatican. Les signataires saluent cette prise de position claire du pape. L’Evêché fait encore savoir qu’il maintiendra bien évidemment son estime et ses relations très amicales avec la communauté juive de St-Gall, envers laquelle il s’excuse pour les blessures et les irritations survenues ces derniers jours.
Mgr Büchel souligne encore que pour le moment les relations entre le diocèse de St-Gall et la Fraternité St-Pie X ne sont absolument pas changées par ce premier pas du pape, notamment en ce qui concerne les lieux de culte, qui, comme auparavant, ne seront pas mis à leur disposition, la Fraternité St-Pie X restant "un groupement schismatique".
La balle dans le camp des schismatiques
Par conséquent, elle ne sera pas intégrée dans la pastorale du diocèse de St-Gall ni du point de vue du personnel ni du point de vue financier. "Ce qu’a fait le pape, c’est simplement ouvrir une porte en direction de la réconciliation. Et les prochains pas, ce sont les évêques et les prêtres de la Fraternité St-Pie X qui devront les faire. En raison des grandes divergences, "ce chemin peut être encore très long".
