"Donne à tous ces gens pour qu’ils mangent" (1ère lecture) ; "Supportez-vous les uns les autres avec amour" (2ème lecture) ; "Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?" (évangile). Ces trois versets choisis dans les lectures de ce dimanche nous mettent face à nos responsabilités humaines et chrétiennes. On ne peut rester spectateurs passifs face aux besoins de nos frères en humanité. Et face au changement climatique qui frappe plus durement les populations du globe les moins pollueuses, bientôt le monde sera submergé par les réfugiés non plus des conflits armés mais des victimes de la faim.
Dom Helder Camara, évêque du Recife au Brésil disait en son temps : "Quand je donne le pain aux pauvres, on m’appelle un saint, et quand je demande pourquoi ils sont pauvres et sans pain, on me traite de communiste". Oui, ce miracle de la solidarité, nous pouvons l’accomplir avec Jésus.
Avant de jeter à la poubelle notre pain ou le reste de notre assiette, pensons à ceux qui dans le monde vont fouiller dans les poubelles nauséabondes pour se nourrir avant de mourir. Notre planète peut encore accueillir d’autres millions d’habitants à condition que nous ne soyons pas gourmands, gaspilleurs et écocidaires.
Au-delà de ces formes de charité ostentatoire qui à travers les médias font plus de bruit que de bien, nous avons tous l’expérience de la saveur d’un pain partagé. Ce pain donné ou reçu avec amour, ce pain qui rassasie le cœur avant de remplir l’estomac, pain du partage, pain de l’amitié, amour vécu pour prolonger le pain de l’eucharistie. Comme ce jeune homme de l’évangile puissions-nous apporter à Jésus ce que nous possédons pour devenir une bénédiction pour les autres.
Saint Vincent de Paul disait : "Les pauvres, ce sont nos maîtres". Serons-nous capable de mettre à la disposition des autres ce qui ne nous suffit pas, sachant que pour Dieu il faut multiplier pour mieux diviser (partager), ou alors nous allons nous cacher derrière des propos fatalistes du genre : je n’ai rien à donner. Il n’est pas normal que certains meurent de faim et d’autres d’indigestion.
Il y a ceux qui ont l’appétit sans avoir à manger et ceux qui ont à manger mais sans appétit, mettons-nous ensemble pour partager l’appétit de vivre. Faudra-t-il encore penser à la faim spirituelle qui est aussi dévastatrice et nous en apercevons les conséquences surtout dans les pays dits "riches et développés". Avez-vous faim seulement ? Faim d’amour pour vous et les autres ? Faim de Dieu pour vous et les autres ? Faim du bonheur pour vous et les autres ? "Tu ouvres la main Seigneur : nous voici rassasiés"(Psaume du jour). Bon dimanche.
Abbé Rudacogora Emmanuel
