L’appel du cardinal Martini à manifester « plus d’attention pastorale » envers les malades incurables qui réclament « en toute lucidité » la cessation des soins qui les maintiennent en vie a été salué lundi par les amis de Piergiorgio Welby. La hiérarchie de l’Eglise catholique italienne a refusé des obsèques religieuses à cet homme, atteint de dystrophie musculaire et décédé le 20 décembre après avoir obtenu qu’un médecin le débranche du respirateur qui le maintenait en vie depuis neuf ans. Cette attitude a profondément choqué les Italiens, favorables à 68% à la possibilité d’interrompre les soins en cas de consentement du malade, selon un récent sondage.
Dans un texte publié dimanche par le quotidien Il Sole 24 Ore , le cardinal a souligné que des cas similaires « seront de plus en plus fréquents » et que « l’Eglise devra y être plus attentive, notamment sur le plan pastoral ».
Le prélat, qui aura 80 ans le 15 février et souffre d’une santé fragile, souligne la difficulté qu’il y a parfois à établir une distinction entre euthanasie proprement dite (c’est-à-dire le fait de donner la mort) et refus de l’acharnement thérapeutique. Il relève aussi que « la volonté du malade ne peut être négligée ».
Le poids institutionnel de l’Eglise catholique en Italie a pour effet d’entraver toute évolution législative en matière de bioéthique.
