Le Carême, un mot qui fait rire ou qui est parfois redouté. Pourtant, il recèle une réalité importante : l’appel de se tourner vers Dieu et les autres. Pour mieux le comprendre, Le carême expliqué en 3 questions.
Qu’est-ce que le Carême ?
Contraction du mot latin "quadragesima" qui signifie quarantième, le Carême est la période de quarante jours réservé à la préparation de Pâques, et marquée par l’ultime préparation des catéchumènes qui doivent recevoir le baptême le jour de Pâques.
Il dure quarante jours, sans compter les dimanches (du mercredi des Cendres à la fête de Pâques). Le Carême fait référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise. Il rappelle aussi les quarante jours passés par le Christ au désert (Matthieu 4, 1-11) entre son baptême et le début de sa vie publique. Le chiffre « 40 » symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements.
Quel est le sens du Carême ?
Le Carême est un temps de conversion, de prière et de partage. C’est un moment privilégié de la recherche du sens et de redécouverte de sa foi.
C’est sans doute là que se situe le véritable sens du jeûne. En nous abstenant de nourriture et de superflus, nous réapprenons à contempler Dieu et à nous tourner vers l’autre. En réduisant la musique et les divertissements, les conversations et les entretiens superficiels, nous redécouvrons la valeur des relations humaines et des temps de prière.
"Dieu se fit entendre dans la brise légère", nous dit le prophète. Et nous redécouvrons tout ceci tout simplement parce que nous redécouvrons Dieu lui-même, parce que nous retournons à lui, et, en lui, à tout ce qu’il nous a donné, dans sa miséricorde et son amour infinis.
Est-ce une sorte de régime spirituel ?
Se priver de manger n’est pas le plus important. Il ne s’agit pas de perdre du poids ! Le jeûne chrétien s’inscrit dans une perspective où chacun doit discerner ce qui pèse le plus sur sa vie pour s’en libérer. La privation de nourriture est un aspect de cette démarche mais elle n’est pas le plus important. Il y a des gens qui ont faim malgré eux parce qu’ils n’ont pas de quoi vivre. Imposer un jeûne aux riches pour leur rappeler cette réalité et la nécessité de la justice et du partage : c’est là que le jeûne trouve une de ses significations essentielles aux yeux de Dieu.
Il en va de même pour toutes les privations que nous pouvons nous imposer : riches ou pauvres, nous avons toujours un « excédent de bagages » qui nous entrave dans notre marche vers les autres. Tout cela implique une réelle dépossession de notre désir d’accaparement et de domination.
En fin de compte, le Carême ne nous amène pas un manque mais il nous tourne vers un plus grand amour : celui de Dieu et des hommes.
Pascal Bregnard
