L’information du SonntagsBlick est reprise par Le Matin Dimanche du 27 janvier. Le moine capucin pédophile, J.A., 67 ans, a sévi dans sa propre famille. Son neveu, âgé de 12 ans en 1992, lorsque le prêtre était en poste pastoral à Grenoble, a été violé à plusieurs reprises. Adulte, le neveu s’est confié à ses parents. Suite à cette révélation, une thérapie familiale a é été entreprise et sa mère a disparu après une séance de thérapie, à Echallens (VD). Son corps a été retrouvé sept jours plus tard dans une forêt, après un suicide.
Plusieurs tentatives de suicide
Le frère cadet du neveu abusé a lui aussi tenté de se suicider par deux fois. Le quotidien rappelle en outre qu’en 1990, deux autres suicides d’adolescents liés aux actes du prêtre pédophile sont survenus. En 1990 c’est un ancien servant de messe qui s’est ôté la vie à 17 ans, et en 1995, un étudiant fribourgeois qui avait pris part comme enfant à un camp de vacances dirigé par le capucin, qui a mis fin à ses jours. Les cas se trouvent dans le dossier du juge d’instruction jurassien chargé du dossier, Jean Crevoisier.
Ces affaires mettent actuellement à mal le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg car un premier cas, survenu avant les années 90, n’aurait pas été dénoncé à la justice par la hiérarchie du diocèse. Elle aurait alors déplacé le capucin en France sans que rien ne soit dévoilé sur les penchants de ce déviant sexuel. La justice française, elle, le poursuit pour actes sexuels envers des mineurs. Une enquête est également en cours par la justice du canton de Fribourg.
Nicolas Betticher, official du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a admis dans la presse la « complicité » de son diocèse dans le traitement de ces affaires de pédophilie. Le capucin, en effet, en activité dans le canton de Fribourg, puis déplacé en France, avait été à nouveau engagé en pastorale dans la région de Grenoble, où il a récidivé.
Les évêques suisses réagissent
L’homme vit aujourd’hui dans le cloître des capucins à Delémont dans le Jura. L’affaire de ce religieux a tout récemment incité la Conférence des évêques suisses (CES) à réagir. Sa commission d’experts va réviser les lignes directrices édictées en 2002, pour prévenir les abus sexuels, dans le cadre de la pastorale.
En réaction à cette affaire, la Commission d’experts nommée par la CES à l’origine des Lignes directrices entreprend un travail de révision de ce document. Cette commission indépendante est composée entre autres de médecins, de juristes et de psychologues. Le document, qui aborde entre autres la marche à suivre lors de la découverte d’un cas d’abus sexuel, parle de la nécessité de faire circuler l’information entre diocèses, paroisses ou institutions ecclésiales lorsqu’un agent pastoral coupable d’abus sexuels est déplacé. Mais tout en précisant que « le cercle des personnes informées doit se réduire au strict nécessaire » et que les informations tombent sous le coup du secret de fonction.
