Nicolas Betticher, official du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a admis dans la presse de dimanche la culpabilité et la « complicité » de son diocèse dans le traitement de l’affaire de pédophilie qui touche actuellement la Suisse romande. Un capucin, en activité dans le canton de Fribourg, avait été déplacé en France après qu’il ait été reconnu coupable d’abus sexuels sur un mineur. La justice n’avait pas été informée de cette affaire, et le religieux a été à nouveau engagé en pastorale dans la région de Grenoble et Lyon, où il a récidivé.
Banque de données internationale estimée inutile
En réaction à cette affaire, la commission d’experts nommée par la CES va réviser les lignes directrices édictées en 2002. Cette commission indépendante est composée entre autres de médecins, de juristes et de psychologues. Quant à la constitution d’une banque de données internationale, les évêques suisses l’estiment inutile : « Lorsqu’il est assuré que le concerné n’est plus chargé de tâches pastorales, une banque de données est superflue ».
Transparence et prévention
Le document "Abus sexuels dans le cadre de la pastorale", adopté en 2002 par la CES et qui sera révisé, traite aussi bien de la prévention que des mesures à prendre dans les diocèses en cas d’abus sexuel de la part d’une personne engagée en pastorale. Il prône une politique de transparence et une formation qui intègre la dimension sexuelle des candidats à une activité pastorale. Au niveau de la prévention, les évêques suisses tiennent à éviter le silence et le secret qui entourent souvent les questions affectives chez les prêtres et les religieux. "Comme pour tout individu, la sexualité est une dimension humaine qu’il s’agit d’intégrer, avec ses échecs et ses réussites", affirme la CES.
Marche à suivre
Le document aborde également la marche à suivre lors de la découverte d’un cas d’abus sexuel. La procédure doit en premier lieu empêcher toute récidive. Les évêques insistent également sur la nécessité de faire circuler l’information entre diocèses, paroisses ou institutions ecclésiales lorsqu’un agent pastoral coupable d’abus sexuels est déplacé. Tout en précisant que le cercle des personnes informées doit se réduire au strict nécessaire et que les informations tombent sous le coup du secret de fonction.
