En Gaule, l’Église fit donc commencer l’Avent le 11 novembre, fête de saint Martin, pour maintenir les quarante jours de jeûne. Il fut un temps où cette période s’appelait le carême de la Saint-Martin.
Le temps de l’Avent tel que nous le connaissons aujourd’hui eut vraisemblablement une origine différente. Vers le milieu du VIe siècle, l’Église de Rome commença à donner de l’importance aux Quatre-Temps de décembre, qui tombaient les lundi, mercredi et samedi suivant la fête de sainte Lucie, le 13 décembre. Une semaine avant la Nativité, ces jours étaient porteurs d’un thème pénitentiel particulier. La raison en est à chercher dans l’existence d’une fête agricole païenne de cinq jours, les Saturnales, qui se célébrait du 17 au 23 décembre. Le 17, on offrait un sacrifice à Saturne, le dieu de l’agriculture. Les jours suivants étaient consacrés à des échanges de présents, des festivités et des excès de toutes sortes. Il semble bien que l’Église ait voulu faire contrepoids à ces festivités païennes très populaires en instituant des jours de jeûne, de prière et de pénitence en cette période si proche de la Nativité, le 25 décembre.
À la fin du VIe siècle, pendant le pontificat de Grégoire le Grand (590-604), une courte préparation de quatre semaines finit par s’imposer dans l’Église de Rome. Les dimanches étaient centrés sur la commémoration joyeuse de la naissance de Jésus, le 25 décembre. Le thème pénitentiel, très présent autrefois, s’estompa.
