En ce mois de novembre, la nature se dépouille de plus en plus. La nuit gagne sur le jour et la lumière. Nos communautés chrétiennes se préparent à terminer l’année liturgique par la fête du Christ Roi, un roi humilié et crucifié.
Est-ce à dire que les plus belles choses ont une fin et que la poussière de la mort vient couvrir et achever tous les dynamismes de vie ?
L’inachèvement de l’homme est incontournable. L’homme ne peut que commencer !
Ne serait-ce pas une chance et une promesse ?
Nous en faisons tous les jours l’expérience. Malgré nos compétences et nos ressources, nous n’avons pas les moyens d’aller jusqu’au bout de la vie, de l’amour, des désirs les plus fous, des nostalgies les plus larges.
Ce constat douloureux entre l’infini du désir et le fini des réalités ne serait-il pas l’inscription en nous d’un appel à une autre relation, d’une ouverture possible à un dépassement offert par quelqu’Un d’autre ?
L’Évangile du Christ nous révèle un devenir, une croissance, une maturation grâce à un engagement du Dieu d’Amour au cœur de nos faiblesses et de nos limites.
« Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que, lorsqu’Il paraîtra, nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu’Il est. » 1Jn 3,2
Cette conviction, cette découverte, vécues dans la foi, donnent à notre « aujourd’hui » une perspective réjouissante. C’est ce que nous serons qui éclaire ce que nous sommes. La graine appelle l’épi, la semence porte la promesse de la récolte. C’est ce que Frère Roger de Taizé appelait « la dynamique du provisoire », un autre nom de l’ESPÉRANCE.
