L’Épiphanie (du grec "apparition", "manifestation [divine]") est une fête principale (solennité) qui marque l’aboutissement du temps de Noël. Elle est célébrée le 6 janvier ou le dimanche suivant. Fête de la manifestation du Seigneur, elle est inséparable de Noël. Historiquement c’est même une fête plus ancienne, qui s’appelait en Occident « Fête de la lumière ». C’est toujours le cas en Orient.
Les trois mages qui ont suivi l’étoile de Bethléem étaient probablement des prêtres venus de Perse (Iran et Irak actuel). Le mot « mage » vient de l’iranien maga qui désignait une caste sacerdotale. Ce sont des mi-savants, mi-magiciens qui pratiquaient la médecine, la divination et l’astrologie. Ils étaient donc de fins astronomes, ce qui explique, en partie, leur intérêt pour l’étoile de Bethléem. Le but de leur pèlerinage était de rendre hommage au nouveau roi du monde, l’Enfant Jésus, et de lui apporter des présents.
Dès le deuxième siècle après Jésus-Christ, ces mages furent dénommés rois. La Bible ne précise pas le nombre qu’ils étaient mais la tradition a déduit qu’ils étaient trois, ayant apporté trois présents :
l’or comme le symbole de la royauté,
l’encens, le symbole de la divinité,
la myrrhe, le symbole de la passion (souffrance et mort de Jésus).
Mais ce nombre de trois vient aussi du psaume 72 l’un de ceux qui annoncent la venue du Messie : « Les rois de Tharsis et des îles rendront tribut. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande ; tous les rois se prosterneront devant lui, tous les païens le serviront ». Le verbe « prosterner » fait le lien avec le récit de Matthieu et avec les mages venus adorer Jésus.
Au 7e et aux VIIIe siècles, on les appelait Bithisarea, Melchior et Gathaspa ; les noms de Gaspar, Melchior et Balthazar leur furent donnés par Saint Bède le Vénérable (mort en 735). L’iconographie a fait de Melchior le représentant de l’Europe, de Gaspard celui de l’Asie et de Balthazar celui de l’Afrique. Cela symbolise le fait que le Christ, le roi que les mages sont venus adorer est venu pour tous, juif et païen et que tous les peuples sont appelés à la conversion.
La tradition veut que l’Epiphanie soit l’occasion de « tirer les rois » : une figurine est cachée dans la galette et la personne qui obtient cette fève devient le roi de la journée et doit offrir la prochaine galette. Cette pratique trouverait son origine dans les Saturnales de la Rome antique. Les Romains utilisaient la fève comme bulletin de vote pour élire le roi du festin lors de ces fêtes. Les fèves ont été remplacées en 1870 par des figurines en porcelaine. Jadis, l’usage voulait que l’on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre » était destinée au premier pauvre qui se présentait au logis.
Longtemps, le 6 janvier (Epiphanie) fût plus important que le jour de Noël. Encore actuellement, en Espagne ce sont les Rois mages qui apportent les cadeaux à l’Epiphanie et non à Noel. Les Rois Mages sont bien plus importants dans le coeur des enfants espagnols que le Père Noel et le 6 janvier est l’occasion d’une grande fêtes et de défilés dans les rues espagnoles.
