Leur première apparition dans un texte se fait dans l’Evangile du Pseudo-Matthieu, un écrit apocryphe du 6ème siècle. En effet, les textes bibliques ne nous parlent pas des animaux. On a supposé que Marie avait fait le voyage de Nazareth à Bethléem sur un âne à cause de sa grossesse et que le bœuf se trouvait déjà dans l’étable. L’âne aurait ensuite permis à la Sainte Famille de fuir la persécution d’Hérode et d’atteindre l’Égypte.
D’ailleurs, nul ne conteste la coutume qui consiste à placer dans chacune de nos crèches de Noël un âne et un bœuf… d’autant qu’on peut y voir une réminiscence de la prophétie d’Isaïe : « Le bœuf reconnaît son bouvier et l’âne la crèche de son maître, Israël ne connaît rien, mon peuple ne comprend rien. » (Is 1,3). Ils représentent ainsi le règne animal qui reconnaît le Fils de Dieu leur maître, alors que le peuple d’Israël ne comprendra pas ce qui est évident pour l’âne et le bœuf.
Mais c’est, semble-t-il, principalement à St François d’Assise que l’on doit cette mise en scène populaire de la naissance du Seigneur dans une crèche, sur de la paille, entre un âne et un bœuf. Il fut même à l’origine de la première crèche vivante connue, à Noël de l’an 1223, dans le petit village de Greccio dans la vallée de Rieti en Italie.
Enfin, une tradition prétend que le bœuf représente les Juifs de tous les temps, car il porte un joug tout comme les juifs celui de la Loi. Quant le bœuf est attelé, il est un animal utile, qui collabore avec son maître. Ainsi, les Juifs et la Loi collaborent-ils avec le Seigneur. Quant à l’âne, il représente les non-Juifs, soumis à l’idolâtrie comme l’âne à de lourdes charges. Cette explication symbolique veut surtout montrer que Juifs et païens sont également concernés par la venue au monde du Fils de Dieu.
