Combien des gens encore de nos jours préfèrent porter seuls le poids de leur souffrance sans jamais oser en parler simplement parce qu’ils se gênent de pouvoir "déranger" les autres ? Bartimée n’est pas de cette race, il ose crier pour attirer le regard de Dieu sur son manque, l’occasion est unique, il ne faut pas la louper : Seigneur arrête-toi, ne passe pas sans me toucher.
Quel courage mais aussi quelle belle prière qui pourrait nous inspirer ! Mendiant de lumière plus que mendiant d’argent, Bartimée est le modèle du cheminement spirituel authentique. La monnaie et les billets de banque peuvent certes subvenir à nos besoins élémentaires mais la lumière de la foi nous ouvre à la vraie vie et nous accompagne sur la route du bonheur.
Jésus n’est pas sourd, il fait attention à nos appels, à nos cris, à notre prière. La prière peut bien être un cri non pas de révolte ou de désespoir mais un cri de confiance. Bartimée, apprends-nous à prier et à crier pour mieux exprimer notre désir profond de retrouver la lumière. Près de Calcutta, un monsieur âgé et vivant seul, avait décidé de vivre enfermé dans sa cabane sans aucun contact avec la lumière ; il en voulait à ce monde égoïste où chacun ne pense qu’à lui-même.
Un jour, les soeurs de Mère Teresa frappèrent à la porte juste pour savoir si la cabane était habitée ou pas et de l’intérieur une voie grave répondit : foutez-moi la paix, je suis bien comme ça. Après insistance, il ouvrit sa porte et les religieuses découvrirent dans un coin une lampe à pétrole couverte de poussière. Après l’avoir dépoussiérée et mis du pétrole, elles l’allumèrent et partirent. L’homme avant de mourir écrivit aux soeurs : Vous avez apporté la lumière non seulement dans ma maison mais surtout dans mon coeur. Merci, maintenant je sais que tout le monde n’est pas égoïste, je peux à présent partir le coeur joyeux.
"Confiance, lève-toi ; il t’appelle". Ils sont assis nombreux au bord du chemin et ils n’attendent de nous chrétiens que cette parole d’espérance pour enfin se mettre en route car Dieu est au coeur de notre histoire et de nos aveuglements. "Ouvre mes yeux aux merveilles de ton amour, je suis l’aveugle sur le chemin : guéris-moi, je veux te voir" et te montrer à mes frères et soeurs.
Bon dimanche.
L’Abbé Rudacogora Emmanuel
