Il y a encore la distinction à faire entre la maladie et la culpabilité, entre la contagion physique et l’impureté morale. Comment ne pas apprécier le courage du lépreux qui enfreint toutes les lois pour s’approcher et se laisser toucher par Jésus ?
Hier comme aujourd’hui, la lèpre défigure une société en quête d’apparence. Entre la préoccupation obsessive de la pureté et de la sécurité, le droit à la citoyenneté ou alors l’ordre d’expulsion, Jésus va au-delà du permis et ose touche chacun de nous. Oui je le veux, vis ta vie ; ne survit pas, ne vivote pas, vis pleinement.
Il vient pour nous guérir de nos préjugés. Dans une communauté, il n’y a pas de place pour le rejet d’un frère ou d’une sœur car avec Jésus, même les lépreux ont la place dans la communauté. Pas de raison d’avoir peur de la contagion car nous avons reçu les anticorps de l’amour. Nous n’avons aucun risque pour nous aimer non pas parce que nous sommes aimables mais parce que nous sommes aussi des lépreux en quête de Jésus.
Tous ensemble en route pour croiser le médecin des âmes et des corps. C’est quoi ta lèpre ? Et si nous sommes accueillis par un Dieu qui ne fait pas de sélection, pourquoi devrions-nous nous discriminer ? Qui a décidé qu’il y a d’un côté les bons et de l’autre les mauvais. Oui je le veux, nous dit Jésus, ouvre ton cœur à l’amour.
Abbé Rudacogora Emmanuel
