Madrid, samedi 20 août, 19 heures. Sortant de l’hôpital, mes deux jeunes, 21 et 14 ans, insistent pour rejoindre leur groupe à la veillée finale des JMJ, où sont annoncés un million et demi de pèlerins.
Soyons créatifs : c’est grâce à un petit chariot et un skate-board dénichés au passage que nous pouvons finalement nous mettre en chemin.
En chemin vers quoi ? vers qui ? Bien sûr, on entendra ce soir le pape Benoît XVI. Mais là n’est pas l’essentiel. Les JMJ ne sont pas d’abord ces grandes célébrations spectaculaires, pas toujours bien vécues lorsqu’on est entassés sur un bout de pavé… Le cœur des JMJ est ailleurs.
Il est dans l’écoute de ce jeune Haïtien qui raconte comment il a survécu au tremblement de terre qui a ravagé son pays. Dans cette danse réunissant tout à coup jeunes Israéliens, Libanais et Syriens. Dans ce fonds de solidarité permettant d’accueillir les jeunes des pays plus défavorisés. Dans les groupes de partage réunissant jeunes de Suisse, de Bolivie et de Nouvelle-Calédonie. Dans cette solidarité spontanée qui naît lorsque la pluie commence à tomber…
C’est là que le cœur des JMJ bat, dans cette mondialisation alternative qui fait tomber les préjugés et permet la rencontre. Ici le PIB par habitant n’est plus un critère ; ici, la classe sociale et le niveau de formation importent peu ; ici, chaque pays, chaque jeune amène sa richesse. JMJ ? Journées Mondiales de la Jeunesse, bien sûr. Mais aussi et avant tout : Jeunes pour un Monde plus Juste.
