L’invitation de Jésus à ses disciples est toujours d’actualité : "Passons sur l’autre rive". Un Dieu qui nous invite à l’exode, de l’esclavage vers la liberté, de la peur vers la sécurité et de l’angoisse vers le bonheur. Mais que faire face à une violente tempête qui n’épargne pas notre barque qu’est l’Eglise ?
Entre la nostalgie du passé et la peur d’affronter un avenir "incertain", Jésus nous propose de vivre le présent dans la confiance. Mais comment réveiller Dieu qui semble dormir sur le coussin à l’arrière ! Certes, pas par le bruit de petites rivalités inutiles, des bagarres vilaines et des querelles minables alimentées souvent par notre manque de foi.
Lorsque les vagues cognent la barque, il faut être lucide et solidaire. L’instinct humain nous porte vers le "sauve qui peut" mais la vocation chrétienne nous invite à prier (crier, appeler au secours) ensemble :"sauve-nous". C’est là le chant de notre intercession unanime et confiante. Nous sommes dans l’Eglise et il faut naviguer (et si on pouvait ramer tous dans la même direction), mais le Capitaine c’est Jésus et avec Lui c’est sûr nous pouvons passer sur l’autre rive.
Saint-Exupéry disait : Aimer ce n’est pas uniquement se regarder l’un l’autre, c’est surtout regarder ensemble dans la même direction. Et que dire en ce dimanche où nous prions spécialement pour les réfugiés ! Quels préjugés portons-nous sur les autres en les mettant tous à tort dans le même panier !
Jean-Paul Sartre disait que l’enfer c’est les autres, mais nous au nom de notre foi nous croyons que les autres sont une richesse. Allons, un petit exercice sur les préjugés ! Ces autres : les Musulmans, les Roumains, les Africains, les Polonais, les Arabes, les Juifs, les latinos, les Valaisans, etc. Méchants, violents, égoïstes, sauvages, profiteurs, prostituées, dominateurs, racistes, arrogants, têtus, etc. Quel dommage pour toutes ces étiquettes !
Souvent nous n’arrivons pas à apprécier les valeurs de chaque culture et de chaque peuple. La force du préjugé : puisque un seul a fait ou aurait fait ça donc ils sont tous comme ça. Que le Seigneur ouvre nos coeurs aux richesses pluri-culturelles et nous rende plus sensibles aux réalités de ceux qui ont été forcés de fuir leur terre natale.
L’Abbé Rudacogora Emmanuel
