"Les exigences de l´Eglise à l´égard de ses agents pastoraux vont nettement au-delà du respect du code pénal", a rappelé Mgr Pierre Farine, administrateur du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Pour Mgr Pierre Farine, il convient d´attendre la fin des démarches judiciaires avant d´entamer une procédure canonique à l´encontre du prêtre acquitté le 19 octobre dernier, par le Tribunal de police neuchâtelois. Mgr Farine précise que le prêtre prévenu de contrainte sexuelle et acquitté par la justice civile sera soumis à examen, comme tout autre agent pastoral qui se trouverait dans la même situation.
"Feu Mgr Bernard Genoud avait restreint le ministère de ce prêtre. Cette décision n´est pas annulée. Après examen, l´autorité diocésaine précisera si un ministère peut être confié à ce prêtre et à quelles conditions", précise l´administrateur diocésain. L´évêque auxiliaire rappelle aussi que les nouvelles directives en la matière de la Conférence des évêques suisses stipulent que "lorsqu´un agent pastoral commet des actes sexuels avec des personnes qui lui demandent conseil, ont besoin d´aide ou dépendent de lui, il s´agit d´exploitation ou d´abus sexuel. Souvent on pense que l´exploitation ou le harcèlement sexuel existent seulement en cas de violence physique. Ce n´est pas exact. Même des expressions et des gestes à connotation sexuelle ou des avances inconvenantes peuvent effectivement être des abus d´ordre sexuel."
L´Eglise examinera soigneusement le cas
Mgr Farine tient donc à souligner que lorsqu´un agent pastoral, notamment un ecclésiastique, est acquitté, même au bénéfice du doute ou au bénéfice de la prescription, les dénonciations dont il a pu faire l´objet ne doivent pas automatiquement être considérées comme des injustices ou des non-vérités. "Les exigences de l´Eglise à l´égard de ses agents pastoraux vont nettement au-delà du respect du code pénal".
