La tentation de se décourager est d’autant plus grande que l’on a l’impression que la marchandise (parole de Dieu) n’intéresse plus les clients. Face aux difficultés d’annoncer l’évangile, Dieu nous rassure comme autrefois à Paul : Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse (2ème lecture). Être prophète, c’est être un instrument de Dieu, porter sa voix dans le monde et surtout laisser sa puissance divine se manifester à travers nos faiblesses afin de grandir en humilité en s’éloignant de tout orgueil.
Être prophète, c’est devenir pour les autres un signe et une invitation à croire, à espérer et à aimer. Un prophète n’est pas un "magicien" qui sait avant les autres les événements à venir, c’est un témoin de la présence de Dieu dans toutes les circonstances. Ce Dieu invisible mais présent au coe ur de nos célébrations joyeuses (rencontres conviviales, baptême, mariage, etc.) et plus présent encore dans les moments douloureux (échecs, séparations, maladie, mort, deuil, etc.). La voix du prophète ne faiblit pas : Il est là Dieu, ils sont là les frères, soeurs et amis, tu n’es pas seul.
Le prophète exhorte l’assemblée à poursuivre l’aventure sur le chemin du bonheur, à surmonter les difficultés, à changer souvent d’itinéraire sur la route de la conversion, à marcher dans la confiance et la sécurité. Les habitants de Nazareth connaissent trop bien Jésus, le fils du charpentier et cela bloque leur adhésion à la foi. C’est le danger de ceux qui croient tout savoir et s’excluent de l’école de Dieu.
Et pourtant la Parole de Dieu annoncée par le prophète doit susciter l’envie d’espérer, allumer le feu sous les cendres de nos existences refroidies par les difficultés, et surtout illuminer les sentiers dans l’obscurité de nos doutes et tâtonnements. Mais il faut alors un miracle, celui de l’écoute. Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur, heureux qui trouve en lui son refuge (Ps 33, 9).
L’Abbé Rudacogora Emmanuel
