Quel subtil sentiment de culpabilité pousse-t-il les humains à noircir tant et plus leur emploi du temps et à se vanter de passer, chaque dimanche, au moins quatre heures au bureau ?
Admirables Italiens, qui ont inventé le concept du « farniente » ! Un écrivain célèbre, qui a pu approcher en vacances l’ancien président français Chirac pouvait dire (je cite de mémoire) : « Ce bourreau de travail, c’était stupéfiant : en Corrèze, Chirac ne faisait rien ! » … écho de la chanson d’un fameux amuseur public : « Le travail, c’est la santé ; rien faire, c’est la conserver ».
Sérieusement : chacun aspire au vrai repos, même s’il ne sait plus le trouver. Prendre du recul, laisser du temps au temps, se retrouver face à soi-même dans la nudité du « rien-faire », c’est se donner la chance de vivre une plénitude, d’affronter enfin son vide fondamental qu’il faut remplir, certes, mais pas forcément avec du boulot ! Pour cela, c’est « tendance », de plus en plus de personnes choisissent de passer quelques jours dans des monastères, à la recherche du silence bienfaisant, qu’ils découvrent non pas « froid », mais doucement chaleureux d’une Présence.
Ecoutons Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau (…) et vous trouverez le repos » (Matt 11, 28-29). N’attendons donc pas le « repos éternel » pour apprendre à vivre vraiment !
