Nous sommes devenus des intra-immigrés, passant par des couvents et des abris avant d’avoir un nouveau chez nous. La vie est alors devenue un cadeau immense avec son lot de joies et de violences quotidiennes. Malgré cela, mes parents m’ont appris la tolérance, le pardon et l’abandon total à Dieu. Ce qu’ils m’ont offert est inestimable, solide et éternel.
Le Liban accueille aujourd’hui une vingtaine de confessions aux rites colorés. Certains politiciens ont souhaité le confédérer, d’autres l’islamiser, voire le laïciser. En réalité, cela n’a pas mené à grand chose, sauf à fragiliser sa richesse multi-confessionnelle. La tolérance est de savoir respecter une opinion différente de la sienne, de l’accueillir sans jugement ni à priori. Cet exercice spirituel est certes difficile ; il relève d’un vrai travail d’ascète. Mais il représente à n’en pas douter la finalité du christianisme : aimer et pardonner tant à ses amis qu’à ses ennemis.
Nous croyons en Dieu qui est Amour, Lui qui n’a pas hésité à envoyer son fils sur terre pour enlever les péchés du monde. Il ne nous a pourtant jamais demandé de le défendre avec acharnement. Il est assez grand pour le faire lui-même.
Etre chrétien, n’est-ce pas tout simplement témoigner au quotidien de la douceur et la tendresse de Dieu. Envers toutes et tous sans exception ?
