Cas désespérés ? Irrécupérables ? Non, impossible n’est pas chrétien. Le changement est notre vocation et la conversion est notre ambition. Le carême est un temps de combat appelé curieusement un temps favorable (Kairos), parce que c’est un temps qui prépare notre victoire. Ne l’oublions pas : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.
Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Ce verset de la lecture de ce dimanche nous remet dans le contexte de l’amour de Dieu, un Dieu qui s’engage à être notre sécurité. Nous n’avons plus rien à craindre, il est notre bouclier. Plus de procès pour les élus de Dieu et le sacrement du pardon est là pour nous le rappeler.
Cette démarche personnelle nous aide à nous ouvrir au regard miséricordieux et à l’amour de Dieu qui seul peut nous transformer. Un jour après l’autre, le carême nous met en route vers une amélioration progressive car nous sommes le chantier dont Dieu est l’architecte. Connaissant notre histoire, nos joies et nos déceptions, il peut nous transfigurer.
Puisque c’est Dieu qui justifie, qui pourra condamner ? Sa justice est miséricorde, alors pourquoi nous condamner ? Comme il nous est plus facile d’accuser, de condamner, de critiquer, de mépriser, de sous-estimer, d’humilier, bref de juger ! Nous connaissons presque parfaitement les défauts des autres et nous reconnaissons nos propres qualités.
Comme il est plus
facile de lapider les autres que de se frapper la poitrine pour un mea culpa !
Le sacrement du pardon nous aide à inverser la tendance pour reconnaître
ce que nous sommes : des pauvres qui ont besoin de la miséricorde divine.
Le sacrement du pardon est un échange merveilleux :
Donne-moi
ta faiblesse et je te donne ma force.
Donne-moi
ta peur et je te donne la sécurité.
Donne-moi
ton passé et je t’offre le présent et l’avenir.
Donne-moi
tes blessures, tes déceptions et je te donne la guérison.
Donne-moi
ta colère et ta révolte et moi je te donne la douceur.
Donne-moi
ton orgueil et tes préjugés et je te donne l’humilité et un regard
nouveau.
Donne-moi
ton découragement, ta jalousie et moi l’amour.
Donne-moi
tout ce qui te pèse et moi je t’offre la paix.
Celui-ici
est mon Fils bien-aimé.
Ecoutez-le.
Abbé Rudacogora Emmanuel
