La volonté y exprimer pour exclure ceux qui, soit disant, n’appartiennent pas au cercle fermé, ne cesse de menacer l’Eglise. Une mentalité des clans, un esprit sectaire exigeant presque une carte de reconnaissance, de légitimation, un certificat de membre pour mieux séparer ceux qui appartiennent à notre cercle et donc méritent notre confiance, de ceux qui sont en dehors de notre groupe et donc à ignorer et à combattre.
La prière de Moïse est de toute beauté : "Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux, pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes !" et Jésus de renchérir : "ne les empêchez pas, celui qui n’est pas contre nous est pour nous".
Personne n’est propriétaire exclusif de l’Esprit de Dieu. On trouve aussi heureusement du bien, du beau, du vrai chez les "irréguliers", en dépit de nos pauvres critères de jugement souvent fondés sur des préjugés, sympathie et antipathie, sentiments et ressentiments, allergies, exclusions, répugnance et fanatisme aveugle.
Donc, beaucoup de ceux qui paraissent au dehors sont au-dedans et beaucoup de ceux qui paraissent au-dedans sont au dehors. Qui sommes-nous pour juger nos prochains ?
C’est lorsqu’on n’est pas sûr de soi qu’on tente de protéger et de sauvegarder son point de vue en dénigrant si possible les autres. Un égoïsme du groupe se construit sur une peur ridicule de la concurrence ; et on arrive à considérer les autres comme des adversaires simplement parce qu’ils font ce que nous ne voulons pas faire et surtout ce que nous ne savons pas bien faire. Et la complémentarité dans l’humilité, où est-elle ?
Les demandes de Josué et de l’apôtre Jean sont inutiles car l’Esprit de Dieu peut se poser et porter des fruits chez des personnes "étrangères" à notre système. Il y a toujours risque qu’un groupe, même chrétien, se transforme en groupuscule (nuisible).
Ce n’est pas l’exclusion et le rejet des autres qui devraient renforcer la cohésion d’un groupe. Qui sommes-nous pour demander et exiger la carte de fidélité (cumulus) à tous les autres ? L’Eglise n’est pas un supermarché mais bien une grande famille. Bon dimanche.
L’Abbé Rudacogora Emmanuel
