Et pourtant Thomas ne se contente pas des réponses préfabriquées, il tient à vivre une expérience personnelle avant de faire siennes les certitudes des autres. Il ne nous suffit pas de connaître par cœur le credo et de le professer tous les dimanches.
Une profession de foi communautaire n’est pas une profession de foi grégaire. Chacun est appelé à assumer le sens de son : "je crois", en qui ? en quoi ? comment et pourquoi ?
Je préfère un doute authentique à une foi superficielle qui m’empêcherait de vivre un cheminement personnel. Thomas n’est pas un champion ni un héros, il est arrivé en retard mais il est arrivé quand même et c’est l’essentiel.
Et Jésus l’attendait avec patience : avance Thomas, cesse d’être incrédule, sois croyant. La requête de Thomas n’est pas fondée sur une curiosité quelconque, elle est motivée par une démarche intérieure. Placé en face de son Maître, Thomas n’a plus besoin des preuves inutiles, au contraire il craque et se met à adorer les yeux fermés : Mon Seigneur et mon Dieu. Il a trouvé non plus les marques des clous mais la preuve essentielle que lui, le retardataire était aussi attendu et aimé.
Je me reconnais sans problème en Thomas. Ma peur qui cohabite avec mon envie de croire. Mes hésitations et mes incertitudes accompagnent mon courage d’oser proclamer : oui je crois. Allez ! Tous les amis de Thomas, qui donc est vainqueur du monde ? Celui qui croit que Jésus est le fils de Dieu. Ne l’oublions pas, le deuxième dimanche de Pâques est le dimanche de la miséricorde. Jésus, qui m’a brûlé le cœur au carrefour des Ecritures, ne permets pas que leur blessure en moi se ferme : tourne mes sens à l’intérieur. Force mes pas à l’aventure, pour que le feu de ton bonheur à d’autres prenne !
La paix soit avec vous.
L’Abbé Rudacogora Emmanuel
