Arrive un paralysé porté par quatre hommes. Dans les sociétés anciennes où il n’y a ni ambulance ni téléphone, l’on se communique les nouvelles (bonnes ou mauvaises) grâce au tambour. Au son du tam-tam, dans les villages d’Afrique, les habitants savent ce qu’ils doivent faire.
Je me rappelle des colonnes d’hommes et femmes qui accompagnaient à pieds une femme à la maternité ou un malade à l’hôpital souvent situés à des kilomètres. Les hommes se relayent pour porter le brancard sur leurs épaules et les femmes accompagnent portant des boissons pour assouvir la soif des porteurs. Pour sauver une vie, toute la communauté se sent concernée.
Certes ici les services sont organisés (ambulance, numéro d’urgence, maisons spécialisées, etc.) la situation est sous contrôle. Mais même là, la solidarité garde toute sa valeur et sa saveur. Un paralysé est celui qui perd son autonomie et dépend en tout des autres. Outre un mal physique, on est aussi paralysé par la peur, l’échec, la déception, la solitude, le stress, le désespoir, la vie gâchée, les plaies du cœur, etc. Et sur ce terrain, notre société tire une sonnette d’alarme. Au secours ! Eh oui, aucune vie n’est trop brisée pour être réparée : irrécupérable n’est pas chrétien.
Notre monde a besoin des brancardiers pour porter tous ceux qui sont dans le besoin ; des porteurs d’une parole qui redonne confiance ; des supporteurs qui encourage ceux qui n’en peuvent plus ; des fournisseurs d’espérance dans un monde en crise ; des brancardiers qui à la suite du Christ osent dire : Lève-toi et marchons ensemble. Plutôt que de sombrer dans le pessimisme du genre : tant pis, le monde est mal fait, osons encore dire : heureusement que nous pouvons compter les uns sur les autres" Tous au boulot, il y a à faire !
Abbé Rudacogora Emmanuel
