Ce spectacle met en scène un bonze bouddhiste, un imam, un rabbin et un prêtre dans le cadre des relations interreligieuses. Dans un grand respect réciproque, on entend de très belles paroles sur la vie d’ici-bas comme sur celle que nous espérons « de l’autre côté ».
Mais quand la rencontre conviviale se transforme en un huis clos inattendu, le côté humain reprend toute sa place même chez d’éminents représentants des religions. Ainsi la confiance en la providence divine fait place à l’inquiétude du proche avenir, la certitude d’une vie éternelle fait place à la peur de la mort, tout cela dans un suspens plein d’humour.
Comme ecclésiastique, je dois bien avouer m’être reconnu. J’ai alors repensé aux paroles du Christ qui s’en prend aux scribes et aux pharisiens en prévenant la foule par ces mots : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu’ils peuvent vous dire. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ils ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. » (Matthieu 23, 1-4)
Cette pièce de théâtre nous rappelle combien il est difficile de mettre vraiment en pratique pour nous-mêmes ce que nous prêchons. Pensons au Christ, à son enseignement sur l’amour et la prière pour les ennemis (Matthieu 5, 43-45) et ce qu’il dit tandis qu’on vient de le clouer sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23, 34)
Que Dieu reconnu par tant de croyants nous aide à vivre cette adéquation au mieux, nous serons ainsi davantage signes de la bonté divine !
