Fasciné par le Père Maciel, Jean Paul II "l´avait érigé en modèle pour la jeunesse en 1994. Or, le prêtre mexicain, mort en 2008 à l´âge de 87 ans, a été la cible, à plusieurs reprises au cours de sa vie, d´accusations graves, qu´il a toujours niées : trafic et consommation de drogues, pédophilie, abus sexuels sur de jeunes séminaristes, mensonges. En outre, il a eu au moins quatre enfants de deux femmes." C´est ce qu´affirme la journaliste Patricia Briel.
Si ces accusations sont largement connues, et certaines font actuellement l´objet d´une enquête du Vatican, "Le Temps" insiste sur la protection dont a été l´objet le Père Maciel de la part de Jean Paul II, contre l´avis du cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. En 1956 déjà, le Saint-Siège ordonne une enquête canonique contre le Père Maciel, qui est suspendu pendant près de trois ans. Le prêtre mexicain en ressort blanchi, malgré les doutes exprimés par le principal enquêteur.
Abus sur des séminaristes
Puis, poursuit "Le Temps", en 1997, un quotidien américain, The Hartford Courant, publie le témoignage de huit séminaristes qui affirment avoir été abusés par lui lorsqu´ils avaient entre 10 et 16 ans. La Congrégation pour la doctrine de la foi est saisie de ces nouvelles accusations. Mais il semble que Jean Paul II ait gelé l´instruction de ce dossier, selon des informations publiées en 2006 par le quotidien français La Croix.
Ce n´est qu´à la mort du pape polonais - et même au moment de son agonie - que le cardinal Ratzinger relance l´enquête. Convaincu de la gravité des accusations, selon "Le Temps", "Benoît XVI écarte définitivement le Père Maciel de tout ministère public en mai 2006, tout en renonçant à un procès canonique à cause du grand âge et de la santé précaire du prêtre". Puis, dès 2009, les révélations de paternité du fondateur des Légionnaires du Christ affluent. L´enquête lancée en mai 2009 par le Saint-Siège prendra fin en mars 2010.
