Le Père Christoph Theobald s’est exprimé sur la pastorale de l’engendrement durant trois jours à Lausanne devant un auditoire de 450 agents pastoraux du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Ils l’ont applaudi à plusieurs reprises au cours de de cette session de formation pour ses éclaircissements sur de nouvelles manières d’annoncer l’Evangile au Peuple de Dieu.
Pour introduire cette session organisé à l’aula des Cèdres de Lausanne du 29 septembre au 1er octobre, Mgr Pierre Farine, administrateur diocésain depuis le décès de Mgr Bernard Genoud, s’est exprimé. Il a relevé que l’évêque du diocèse avait montré, par son témoignage public de malade, très apprécié dans de larges milieux sociaux, que la pastorale de l’engendrement prenait corps à la partir de la pastorale de la santé.

Accès à la foi avec un autre croyant
Christoph Theobald, 64 ans, jésuite d’origine allemande qui enseigne la théologie fondamentale et dogmatique aux facultés du Centre Sèvres à Paris, a enchaîné par une définition de la pastorale de l’engendrement : « A l’école du Christ initiateur, il s’agit d’une analogie entre l’accès de quelqu’un à son humanité grâce à celui et celle qui l’ont engendré et l’accès à la foi à la faveur de la présence d’un autre croyant, d’un ou de plusieurs témoins, d’un ou de plusieurs « passeurs ».
Spécialiste du concile Vatican II et considéré comme l’un des théologiens les féconds de sa génération, Christoph Theobald a expliqué la nécessité de changer notre manière de nous adresser au Peuple de Dieu. La pastorale de l’engendrement part de la conviction que Dieu est à l’oeuvre en chaque être et que la pastorale traditionnelle de l’encadrement ne permet plus de rejoindre une grande majorité d’entre eux. En effet, l’humanisme chrétien est aujourd’hui marginalisé dans notre société d’origine chrétienne.
Réagir à un événement en se disant croyant
Le Père Theobald a précisé comment apporter la Bonne Nouvelle, dans un premier temps, selon la pastorale de l’engendrement : « Une action de première annonce est toujours ponctuelle, motivée par un événement, un moment, une circonstance ou toute autre nécessité qui demande qu’on en prenne l’initiative. Dans une première annonce quelqu’un réagit à une situation en s’exposant comme croyant ».
S’inspirant du Texte national pour l’orientation de la catéchèse en France, Christoph Theobald appuie sa réflexion sur la manière de faire de Jésus de Nazareth : « Une première annonce donne à entendre ce qui fait vivre les croyants, selon la pédagogie même du Christ qui sans cesse s’approche, rencontre, cherche la relation, appelle à la conversion et à la Foi ».
Art et foi
Au cours de cette session, le Père Theobald, par ailleurs musicien, a donné un commentaire du motet « Jesu meine Freude », chanté par un octuor à la basilique Notre-Dame de Lausanne. Avec l’organiste réformé Benoît Zimmermann, il a expliqué le sens de cette œuvre de Jean-Sébastien Bach inspirée par le protestantisme luthérien, qui proclame la Résurrection du Christ.
